Les banques américaines se préparent à un tour de vis comptable
Les banques américaines, qui se plaignent de l’empilement de règles nées de la crise financière, vont subir une couche de mesures supplémentaires. Le Financial Accounting Standards Board (FASB), qui édicte les normes comptables outre-Atlantique, propose de modifier le calcul des provisions pour pertes sur créances (loan loss reserves). Le conseil entend fixer définitivement les règles au cours de l’année 2014, pour une mise en place probable en 2015.
L’argument est simple: en 2005, deux ans avant que la bulle des subprimes n’éclate, la plupart des banques se targuaient des risques limités pesant sur leurs portefeuilles de prêts hypothécaires et d’actifs immobiliers, en raison de la faiblesse des taux de défaut historiques et de ratios de levier raisonnables. La FDIC, qui garantit les dépôts et supervise les banques de détail, a souligné que le FASB répondait à cette critique.
Selon les modifications suggérées, les provisions ne seraient plus seulement estimées à partir de pertes passées; leur calcul devrait incorporer les estimations de pertes futures et être actualisé tous les trimestres. En clair, le risque pesant sur l’intégralité de la vie d’un prêt serait pris en compte. Parallèlement, il ne serait plus nécessaire qu’un événement survienne pour modifier les estimations de flux de trésorerie d’une créance et passer des provisions.
Les prévisions macroéconomiques d’une banque seraient intégrées au calcul de ses provisions. Enfin, le spectre des actifs auxquels la future règle s’appliquerait est étendu à l’ensemble des titres de dette (tant disponibles à la vente que détenus à maturité), alors qu’il est aujourd’hui limité aux seuls prêts.
«Ce changement représente une modification relativement importante dans la manière dont les pertes sur créances seraient comptabilisées», estiment les analystes de CreditSights. Ils notent toutefois que «certaines catégories de prêts, à maturités courtes, se voient déjà probablement affecter des provisions correspondant à leur durée de vie entière. […] Ces niveaux de provisions semblent proches des critères des changements comptables envisagés».
Selon les calculs de CreditSights, JPMorgan, PNC, Zions et M&T Bank auraient un montant de provisions proche des nouveaux critères, à l’inverse de Capital One (qui devrait accroître ses réserves de 110%) et de KeyCorp (88%). Citigroup devrait renforcer ses provisions de 14% et Wells Fargo de 17%.
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