Les banques américaines font front commun contre Bâle 3 et Volcker
Les banques américaines reprennent leur lobbying contre les régulations qui pèsent sur le système financier. Dans une lettre adressée à la Fed, à la Federal Deposit Insurance (FDI) et à l’autorité comptable, vingt établissements financiers américains font front commun contre l’application de Bâle 3 dans le cadre d’une internationalisation des règles bancaires, en soulignant qu’elles risquent d’«entraver les crédits disponibles, d’affaiblir la croissance économique et de pénaliser la compétitivité du système financier américain». Le comité de Bâle prône un ratio de fonds propres minimum de 7% sur les actifs pondérés.
D’autant que les banques font également face à une incertitude grandissante sur la régulation locale. S&P a menacé lundi de dégrader les plus grosses banques américaines dans le cas d’un renforcement des contraintes contenues dans la règle Volcker, dont la finalisation est encore en cours. En tête des banques sur la sellette: Goldman Sachs et Morgan Stanley, mais également Bank of America, Citigroup, JPMorgan, PNC Financial Services, U.S. Bancorp et Wells Fargo. «Nous estimons actuellement que la règle Volcker pourrait réduire les résultats avant impôts cumulés des huit plus importants établissements américains de 10 milliards de dollars, contre une première estimation de 4 milliards il y a deux ans» précise S&P.
Un rapport qui intervient en plein conflit ouvert entre la SEC et le régulateur bancaire sur la finalisation de la règle. L’enjeu de la controverse porte sur la définition des activités de tenue de marché pour le compte de clients, «market-making», ainsi que sur la capacité des banques à investir dans des véhicules financiers extérieurs tels que les hedge funds qui restent actuellement autorisés, rapporte le Wall Street Journal. Goldman Sachs et Morgan Stanley pressent en outre pour que les fonds de crédit soient épargnés.
Des règles qui contraignent les banques américaines à se défaire d’activités lucratives, mais en perte de vitesse. Goldman Sachs a dû démentir hier un article du Wall Street Journal, la banque assurant qu’elle n’avait «jamais sérieusement» envisagé de céder ses activités de trading sur matières premières qui représentaient 20% de ses revenus fixed income entre 1999 et 2010. Morgan Stanley, en revanche, est prêt à se séparer d’une partie de cette activité au profit du fonds souverain du Qatar.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant