Les banques allemandes s’estiment suffisamment capitalisées
Alors que la menace d’un défaut de la Grèce est dans toutes les têtes, les banques allemandes ne voient pas la nécessité de relever leurs fonds propres. «Nous n’avons pas besoin de liquidités supplémentaires» a déclaré Martin Blessing, le patron de Commerzbank, la deuxième banque allemande. «A la différence de la faillite de Lehman en septembre 2008 la finance allemande est aujourd’hui dans une position plus confortable parce que nous profitons de la bonne notation de l’Etat allemand» a-t-il expliqué.
Même son de cloche de la part de Deutsche Bank, le numéro un de la finance d’outre-Rhin. Lors d’une conférence hier à Francfort son directeur financier, Stefan Krause, a déclaré qu’il se sent «à l’aise avec le niveau actuel de nos fonds propres», estimant que la chute de 40% du cours en Bourse de Deutsche Bank depuis le début de l'été ne s’explique pas par l’attente d’une nouvelle augmentation du capital mais par l’avenir incertain de la Grèce et la zone euro. Stefan Krause en a profité pour réitérer l’objectif de Deutsche Bank d’atteindre un ratio de fonds propres durs de 8% au début de 2013.
Toutefois les deux grandes banques allemandes ne cachent plus leurs difficultés à atteindre leurs objectifs de résultats pour cette année. Les turbulences continues sur les marchés financiers et le ralentissement prévisible de la conjoncture découragent les clients à se lancer dans de nouveaux projets d’investissement. «Les marchés devront rapidement se calmer pour que Commerzbank puisse tenir ses objectifs» a reconnu son patron. Et Martin Blessing de reconnaître que sa banque pourrait échouer dans son projet de réaliser cette année un résultat supérieur à 1,4 milliard d’euros.
Deutsche Bank est plutôt malmenée par la chute des revenus de sa BFI, surtout dans le domaine des obligations. «Nous continuons à nous battre mais nous avons assisté au mois d’août à une détérioration dramatique de notre environnement de marché», a expliqué le directeur financier de la première banque allemande. Est-ce déjà un avertissement que Deutsche Bank ne pourra pas atteindre cette année son objectif d’un résultat imposable de 10 milliards d’euros ? Tel est l’avis de la majorité des analystes qui doutent que la BFI de la banque puisse réaliser comme prévu un bénéfice d’exploitation de 6 milliards. Les 4 milliards restants doivent venir du secteur stable comme la banque à réseau.
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