Les autorités américaines infligent à Deloitte une sanction exemplaire
Deloitte s’est résigné à ne pas conseiller pendant un an des centaines d’institutions financières, à réformer son organisation et à payer une amende de 10 millions de dollars à l’Etat de New York. L’administration reproche notamment au cabinet d’audit et de conseil de s’être montré complaisant vis-à-vis de son client Standard Chartered alors qu’il était chargé de l’aider à renforcer sa politique antiblanchiment.
Le département des services financiers (DFS) de l’Etat estime que cet accord pourrait servir de modèle pour sanctionner d’autres consultants du secteur financier, à travers tous les Etats-Unis. «L’industrie du conseil a été contaminée par la culture du «je t’aide, si tu m’aides» et par un formidable manque d’indépendance», a dénoncé le superintendant en charge des services financiers, Benjamin M. Lawsky.
L’origine de l’affaire remonte à 2004, quand faute d’avoir une politique de lutte antiblanchiment suffisamment rigoureuse, Standard Chartered est forcée par le DFS de recruter un consultant indépendant pour évaluer son organisation. La banque britannique choisit Deloitte. Or, il a été découvert que le cabinet de conseil avait supprimé, à la demande de son client, une recommandation en matière de lutte contre le blanchiment qui devait figurer dans le rapport final à l’administration.
Cette recommandation soulignait comment certaines manipulations permettaient aux banques de tromper les autorités. Qui plus est, un cadre de Deloitte a transmis aux employés de Standard Chartered deux rapports sur la politique antiblanchiment d’autres clients du cabinet, qui contenaient des informations confidentielles.
Non seulement, Deloitte a accepté de ne pas conseiller les banques et autres institutions financières régulées par le DFS pendant un an et de payer une amende mais il doit aussi mettre en place toute une série de recommandations. Par exemple, le cabinet devra garder une trace de toutes les recommandations qui n’ont pas été appliquées par les clients.
En août 2012, le DFS a dénoncé Standard Chartered pour avoir mené pour quelque 250 milliards de dollars de transactions avec des clients iraniens, en dépit de l’embargo américain, entre 2001 et 2010. La banque a finalement convenu de payer une amende de 340 millions d’euros, de revoir ses règles antiblanchiment et d’être étroitement surveillée par l’administration américaine pendant deux ans.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCatastrophes naturelles : jouer collectif pour la prévention
Face au coût abyssal des canicules et des incendies estivaux, la France doit doper sa stratégie d'anticipation en s'inspirant du modèle public-privé des indemnisations -
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire