Les assureurs vie mutualistes résistent mieux que leurs concurrents
Les assureurs vie mutualistes tirent leur épingle du jeu au sein d’un secteur ébranlé. Alors que l’ensemble des assureurs a subi une décollecte nette de 5 milliards d’euros depuis le début de l’année, «au niveau du Gema (Groupement des entreprises mutuelles d’assurance), nous sommes à peu près à l’équilibre», a indiqué son président Gérard Andreck. «Les sorties se sont stabilisées. Cela nous conduit donc peut-être à une collecte légèrement positive sur l’année», a-t-il poursuivi.
Le Gema se dit moins exposé aux problèmes de transfert d’épargne vers le Livret A, qui seraient susceptibles d’intervenir suite au relèvement du plafond actuel de 15.300 euros. Les placements qui seront réalisés vers le Livret A «au-delà 15.300 euros concernent les CSP+ (catégories socio-professionnelles disposant d’un plus fort pouvoir d’achat), qui ne sont pas la spécialité du Gema», a souligné Gérard Andreck.
En assurance non-vie, «l’exercice 2012 devrait se révéler en demi-teinte. Nous sommes principalement des assureurs automobiles et l’évolution des ventes de voitures pèse sur le secteur», a indiqué le président. Par ailleurs, «la crise nous a rattrapés et les sociétaires vont de plus en plus vers des formules moins coûteuses», a-t-il ajouté. Interrogé sur les évolutions tarifaires en assurance dommages en 2013, Gérard Andreck a estimé que «les pronostics faits par certains comparateurs semblent assez proches de la réalité». Assurland anticipe en 2013 une hausse moyenne de 1,5% en assurance automobile et autour de 2,5% en assurance habitation.
L’activité de rentrée du Gema se révèle «très chargée, une forte pression réglementaire et législative pesant sur le secteur», a souligné Gérard Andreck. Un certain flou entoure par ailleurs plusieurs dossiers. «Nous attendons avec inquiétude les évolutions sur l’exit tax. Nous n’avons aucune précision», a indiqué le président, estimant parallèlement qu’une éventuelle modification de la fiscalité de l’assurance vie «serait une erreur».
Concernant les travaux menés par certaines mutuelles, non adhérentes du Gema, avec les pouvoirs publics sur des outils leur permettant d’accroître leurs fonds propres, «l’idée générale serait de permettre des émissions de titres de dette rémunérés par des dividendes. Une armada de juristes travaille sur le sujet», a indiqué Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Gema.
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