Les assureurs santé américains sont chahutés en Bourse
La frénésie consolidatrice du secteur de l’assurance santé aux Etats-Unis ne suscite pas l’enthousiasme chez les investisseurs boursiers. Aetna et Centene, deux prédateurs qui étaient plutôt considérés comme des cibles, ont souffert ces derniers jours. Le premier, qui veut racheter Humana pour 37 milliards de dollars, a cédé 1,79% hier en Bourse après avoir plongé de 6,4% la veille. Le deuxième, qui s’apprête à reprendre Health Net pour 6,8 milliards de dollars (dette incluse), a subi un sort similaire, les opérateurs de marché redoutant une bataille d’offres.
Pour Mark Bertolini, le patron d’Aetna, cette situation est aussi le fait d’arbitragistes (arbs). «Les arbs sont arrivés en quête d’une opportunité et je ne suis pas sûr qu’ils savent comment s’y prendre. Les investisseurs qui valorisent cette opération vont devoir trouver leur chemin», a-t-il expliqué à Bloomberg TV. Un autre point de fragilité concerne les perspectives opérationnelles. Humana a abaissé lundi ses prévisions de résultat pour 2015 en raison de prestations plus élevées qu’attendu concernant le programme Medicare Advantage.
Aetna a réagi en assurant avoir parfaitement pris conscience des performances d’Humana lors du processus de due diligence, réfutant les critiques qui l’accusent d’avoir surpayé. Pour Ana Gupte, analyste de Leerink Partners, la sanction subie par Aetna en Bourse est toutefois disproportionnée. Si les investisseurs qui tablaient sur un rachat par UnitedHealth Group ont pu être déçus, les estimations de synergies de coûts et d’autres économies sont jugées prudentes.
Le risque réglementaire subsiste néanmoins en arrière-plan. Si Centene et Health Net devraient obtenir le feu vert des régulateurs américains sans problème, il n’en va pas de même pour Aetna et Humana, qui devront se résoudre à des cessions d’actifs. Selon Brian Wright, analyste de Sterne Agee CRT, les deux sociétés vont probablement devoir se séparer de 575.000 membres de Medicare Advantage, sur un total de 4,4 millions, dans les marchés où la nouvelle entité combinée sera trop puissante. Les régulateurs pourraient aussi avoir à se pencher sur le rachat éventuel de Cigna par Anthem. Ces trois opérations impliqueraient six des sept plus grands assureurs santé cotés aux Etats-Unis. Un vrai casse-tête.
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