Les assureurs français envoient un message fort sur leur investissement en actions
A l’heure où le gouvernement a engagé une réflexion sur la fiscalité de l’épargne longue qui devrait affecter l’assurance vie, l’initiative tombe à pic.
La création d’un Fonds stratégique de participations (FSP) associant la CNP, Predica, Cardif et Sogecap permet de réaffirmer l’engagement des grands assureurs vie français en faveur de l’investissement actions, une classe d’actifs où ils n’ont cessé de s’alléger ces dernières années. De là à conclure à un retour de ces grands institutionnels vers la Bourse, il y a cependant un pas.
Géré par LCF Rothschild, le fonds regroupera dans un premier temps des lignes existantes, qui concerneront des entreprises du SBF 250 et seront conservées au moins cinq ans. Le choix des participations n’a pas encore été arbitré. Le montant d’un milliard d’euros avancé hier par Le Figaro ne constitue donc pas une force de frappe nouvelle à proprement parler. Il doit en outre être rapproché des quelque 40 milliards d’euros de portefeuilles actions logés chez CNP, Predica, Cardif et Sogecap, sur un total de placements qui approche lui-même les 800 milliards d’euros.
La logique serait surtout réglementaire. En qualifiant ces participations de stratégique, les quatre assureurs pourront économiser une partie des exigences en fonds propres attachées à ces lignes dans le cadre de Solvabilité 2, alors que les nouvelles règles, applicables en 2014, découragent ce type d’investissement.
L’impact des nouvelles normes sur le financement long a d’ailleurs été abordé début octobre lors d’un déjeuner entre Pierre Moscovici, le ministre des Finances, et la Fédération française des sociétés d’assurance. Assureurs et pouvoirs publics planchent actuellement sur les moyens de restaurer une allocation d’actifs (actions, obligations, immobilier, etc.) qui ne pénalise pas le financement des entreprises, par exemple au travers d’aménagements fiscaux. Ces réflexions portent en particulier sur les fonds diversifiés.
Le FSP pourra cependant construire des positions nouvelles. Ses quatre promoteurs, qui sont prêts à accueillir d’autres assureurs, feront aussi entendre leur voix au tour de table des entreprises dans lesquelles ils investissent.
«Nous demanderons à être associés à leur gouvernance, y compris le cas échéant à travers un siège au conseil d’administration», indique Eric Lombard, PDG de BNP Paribas Cardif, au Figaro.
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