Les assureurs doivent repenser leur modèle pour contrer la bancassurance

Développer des partenariats et réduire les coûts sont la priorité. La santé et la prévoyance sont les relais de croissance des années à venir
Florent Le Quintrec

Le temps presse. Face aux bancassureurs, les autres groupes d’assurance doivent rapidement trouver des solutions pour enrayer la baisse de leurs parts de marché. Tel est le constat de l'étude annuelle de Fact & Figures présentée mercredi. «Je suis frappé par la lenteur d’adaptation des autres réseaux par rapport à cette menace que l’on annonce depuis plusieurs années», souligne Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil.

Fondée sur les comptes des activités d’assurance des groupes arrêtés à fin 2009, l’étude montre que les groupes capitalistes tels Axa, Generali ou Allianz affichent encore de loin la meilleure rentabilité des fonds propres (ROE) entre 2005 et 2009, avec des performances allant jusqu’à 25% contre 14% pour les bancassureurs et 6% pour les mutualistes. Mais elle révèle également que la croissance annuelle moyenne du produit net d’assurance (PNA) des mutualistes demeure inférieure à la moyenne du marché sur cette période. Si l’on associe croissance et rentabilité, les meilleures performances ont ainsi été le fait de trois bancassureurs: CNP (classée dans cette catégorie car elle équipe l’Ecureuil et la Banque Postale), le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel.

La bancassurance fait mieux grâce au dynamisme de ses activités en prévoyance individuelle pour l’assurance vie et de ses coûts très faibles dans les activités incendie, accidents et risques divers (IARD).

«La bancassurance vend du prix, sait vendre, et vend à un faible coût. La profession s’est trop laissée aller en termes de coûts ces dix dernières années», observe Cyrille Chartier-Kastler. Cette concurrence accrue constitue selon lui un excellent rappel à l’ordre pour les autres réseaux de distribution, qui devront absolument baisser leur niveau de chargement de 3 à 5 points pour éviter de trop perdre en compétitivité tarifaire.

L’étude recommande également aux groupes n’ayant pas accès aux réseaux bancaires de développer des partenariats, ces derniers ayant enregistré la plus forte hausse de part de marché entre 2008 et 2009, passant de 12,1 à 13,2%.

Pour l’ensemble des acteurs, le cabinet indique que les activités d’assurance de personnes constituent les principaux relais de croissance rentable pour les prochaines années, notamment dans leur dimension risque (prévoyance, santé, emprunteurs), tandis que la rentabilité de l’épargne vie sera réduite avec la mise en place des règles de Solvabilité 2.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...