Les assureurs digéreront plus ou moins bien la nouvelle décote grecque
Les assureurs européens n’absorberont pas tous avec la même facilité la nouvelle décote sur la dette grecque, mais devraient dans l’ensemble supporter le choc. Leur situation va surtout dépendre de la manière dont ils ont intégré dans leurs comptes l’accord du 21 juillet qui prévoyait une dépréciation de 21% sur les titres arrivant à échéance avant 2020, contre 50% désormais sur l’ensemble des maturités.
«Le secteur de l’assurance est globalement moins exposé que le secteur bancaire. L’impact sera différent selon les méthodes adoptées dans les comptes du deuxième trimestre mais après, il faut relativiser par les montants qui sont en jeu», nuance un analyste.
Les groupes allemands sont à l’abri puisqu’Allianz et Munich Re ont provisionné l’intégralité de la moins-value latente enregistrée au bilan, et ce, même pour les titres à échéance postérieure à 2020. Et comme à fin juin, la décote sur la Grèce s’élevait à 45%, il ne leur reste que 5% à passer.
Axa et Generali ont également déprécié les titres grecs en valeur de marché mais seulement avant 2020. Axa paiera un plus lourd tribut que son concurrent italien, les deux tiers de ses titres grecs allant au-delà de 2020, soit 962 millions d’euros à fin juin, selon les données de Raymond James. Mieux loti, Generali n’aura plus qu’à déprécier quelque 800 millions d’euros sur les 3 milliards qu’il détient.
Les moins bien positionnés sont les mutualistes qui ont appliqué à la lettre l’accord du 21 juillet comme la Macif et Groupama. La Macif, exposée à hauteur de 55 millions d’euros à la Grèce, a déprécié de 21% les maturités avant 2020. Toutefois, outre les 29% supplémentaires à passer, les titres courant après 2020 ne représentent que 2,7 millions d’euros.
La situation est plus difficile pour Groupama. Ses titres arrivant à échéance après 2020 représentent 74% des obligations grecques qu’il détient, soit 2,3 milliards d’euros.
Il s’agit de montants bruts. Le gros de la charge sera assumé par les assurés, avec des ponctions sur la provision pour participation aux excédents, comme l’avait fait la CNP au deuxième trimestre. Globalement, ces montants seront beaucoup moins élevés que les moins-values latentes enregistrées sur les actions et qui pourront faire l’objet de provisions en fin d’année. A ce titre Axa a indiqué hier qu’il n’envisageait pas de déprécier ses titres BNP Paribas, qui ont perdu plus d’un quart de leur valeur depuis le début de l’année.
Plus d'articles du même thème
-
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac. -
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
La fabrique de l'OpinionBertrand Martinot : « Le fardeau des retraites devra être partagé équitablement entre les générations. Tout le monde devra contribuer à l’effort »
« Nous serons obligés de décaler l'âge de départ, tout le monde le sait ! La question, c'est la modalité : comment faire ? » -
Choix publicsLe romantisme épuisé de l’élection présidentielle
Aucun démocrate ne doit tolérer que les électeurs ne soient contraints à se prononcer que par défaut ou dépit -
Liste de courseDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie