Les assureurs devraient maîtriser le coût des inondations en Europe centrale
En quinze ans, c’est la troisième fois que l’Europe centrale est touchée par des inondations d’envergure internationale. Conséquence du développement de l’économie de marché dans l’ex-bloc de l’Est, le montant des dommages assurés ne cesse de grimper.
Les débordements de l’Elbe et du Danube, qui affectent en ce moment même le Sud et l’Est de l’Allemagne, l’Autriche, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie, devraient coûter nettement plus cher aux assureurs que la précédente inondation de 2002, qui avait provoqué 3 milliards d’euros de dégâts assurés (équivalents 2012) en Allemagne et en République tchèque, selon les chiffres de Swiss Re compilés pour L’Agefi. Toujours selon Swiss Re, la catastrophe de l’été 1997 qui a frappé la Pologne et République tchèque a causé l’équivalent actuel de 2,33 milliards d’euros de dommages pour les assureurs.
Pour la seule Allemagne, Fitch Ratings évalue les dégâts assurés des inondations actuelles entre 2,5 et 3 milliards, pour un coût économique total de 12 milliards. L’écart s’explique notamment par la faible couverture contre les risques naturels dans certains Länder les plus touchés par la catastrophe: selon l’agence de notation, le taux n’atteint que 21% en Bavière (contre une moyenne de 32% pour l’ensemble du pays). Le réassureur Aon Benfield avance une estimation plus importante, de 4 milliards d’euros de dommages assurés outre-Rhin.
Toutefois, l’événement ne déclenche pas de panique à l’échelle des assureurs. «Le montant des sinistres du secteur atteint une cinquantaine de milliards d’euros par an en Allemagne, ce qui implique que les sinistres liés aux inondations devraient représenter entre 5% et 6% du total. Cela devrait accroître le ratio combiné brut des assureurs de 3,5% à 5% en moyenne, la réassurance venant amortir l’effet à 2% ou 3%», estime Fitch.
Le groupe allemand Allianz, qui a généré en 2012 un quart de ses primes non-vie dans les pays affectés, a également produit des estimations que les analystes de Kepler Cheuvreux jugent rassurantes: selon le premier assureur européen, les inondations devraient lui coûter «significativement» moins que celles de 2002 (soit moins de 710 millions d’euros avant impôt, après réassurance). Generali, également exposé à la zone (20% du montant de ses primes en 2012 selon Fitch) a évoqué hier une estimation de 100 millions d’euros sur ses résultats.
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