Les assureurs devancent la directive Solvabilité 2 sur le risque souverain
La troisième édition du Baromètre Solvabilité 2, une enquête régulière menée par L’Agefi en partenariat avec Ofi Asset Management, auprès des établissements d’assurance français, met à jour de nouvelles tendances. C’est ainsi que «les compagnies d’assurance ont de plus en plus conscience qu’au-delà des exigences de fonds propres minimums qu’imposera la directive, elles devront s’attacher à piloter leurs risques» relève Stéphane Dorlencourt, directeur risk management du groupe Ofi.
En conséquence, par exemple, pas moins de 60% des répondants ont l’intention de prendre en compte des exigences en capital pour la détention d’obligations souveraines, alors que la formule standard de la directive ne le prévoit pas. La crise des émetteurs souverains européens est passée par là et, comme l’annonçait jeudi dernier Jean-Philippe Thierry, vice-président de l’Autorité de contrôle prudentiel, à l’occasion des rencontres de la gestion institutionnelle de L’Agefi, le sujet est désormais débattu au niveau du Trilogue (Commission européenne, Conseil et Parlement) dans le cadre de la finalisation de la directive. Un coût en capital spécifique aux titres souverains pourrait finalement être décidé.
Par ailleurs, Stéphane Dorlencourt observe que « si l’enquête fait apparaître globalement un bon état de préparation, en matière d’allocation d’actifs, les établissements concernés semblent suivre l’évolution du calendrier de mise en œuvre de la directive, qui a été décalé d’un an au 1er janvier 2014, puisque plus de la moitié d’entre eux n’envisagent de modifier leurs allocations d’actifs qu’à la fin de l’année 2013».
Dans ce domaine cependant, les grandes tendances se confirment : une diminution de la pondération des actions (prévue par près des trois quarts des répondants) et l’exclusion de «certains produits» (67%), qui n’offriraient pas suffisament de transparence pour la réalisation à l’avenir des reportings réglementaires. Le recours à des produits dérivés dans une perspective de couverture, prévu par la directive, ne remporte d’ailleurs pas non plus les suffrages, puisque seuls 20% le prévoient. Enfin, le besoin de services en termes de reporting est toujours plus fort (53% à 80% selon les services).
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