Les assureurs adaptent leur stratégie d’investissement à la remontée des taux
Changement de régime pour la stratégie d’investissement des assureurs. Après plusieurs années où la recherche de rendement primait, la réduction de l’exposition au risque est désormais privilégiée par une majorité d’entre eux, selon l’étude publiée aujourd’hui par Goldman Sachs Asset Management (GSAM), réalisée auprès de 300 directeurs financiers et des investissements d’assureurs mondiaux représentant plus de 10.000 milliards de dollars d’actifs. «L’environnement actuel conjugue valorisations élevées et visibilité réduite sur les risques, ce qui explique le regain de prudence des assureurs dans leur stratégie d’investissement», souligne pour L’Agefi Etienne Comon, responsable de l’assurance européenne chez GSAM.
Le risque politique, qui était en tête des préoccupations l’an dernier, a largement pâli pour cette septième édition et n’est cité comme principal risque que par 4% des répondants, contre 26% l’an dernier. Ils restent toutefois près d’un tiers à le placer dans leur top 3. «Ce n’est pas tant le risque politique qui a reculé qu’une certaine accoutumance qui s’est développée», nuance-t-il, alors que l’enquête a été réalisée avant l’essor des tensions commerciales ces dernières semaines. A contrario, l’inflation signe un retour marqué parmi les principaux risques anticipés par les assureurs, arrivant en deuxième position, derrière la crainte d’un ralentissement de l’économie américaine mais devant la volatilité sur les marchés. La crainte de la déflation, encore présente il y a deux ans, continue à s’effacer.
La vision du cycle de crédit reste globalement positive, même si le cycle américain est perçu en fin de vie pour 60% des répondants. «La réforme fiscale a mis un terme à l’incitation fiscale à l’endettement, ce qui est plutôt positif, d’autant que nous ne prévoyons pas de remontée forte du taux de défaut», précise néanmoins Etienne Comon.
Parmi les classes d’actifs regardées par les assureurs, le private equity continue de tirer son épingle du jeu, avec des stratégies de plus en plus sophistiquées. «Avec du co-investissement ou des prises de participation dans des sociétés de gestion, les assureurs peuvent capter la prime d’illiquidité et récupérer une partie des frais de gestion et des revenus des boutiques», observe Etienne Comon. L’intérêt porté aux marchés émergents se révèle également bien plus résilient à une hausse des taux américains qu’au cours des dernières années, notamment lors de l’épisode du taper tantrum de 2014, note GSAM.
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