Les ambitions de Sberbank s'étendent au-delà des frontières russes
Sberbank jette un pont pour s’étendre à l’ouest des frontières russes. Le plus gros prêteur du pays a confirmé être en négociations pour racheter les 51% détenus par l’autrichien Oesterreichische Volksbanken dans Volksbank International (VBI), une holding détenant des activités dans neuf pays d’Europe centrale et de l’Est. Les 49% restants de VBI sont détenus à 24,5% chacun par la banque allemande DZ Bank et par BPCE.
Si aucun détail sur le montant de la transaction n’a été donné, les analystes estiment que Sberbank devra mettre plus d’un milliard d’euros sur la table, soit «un peu plus que la valeur comptable» de VBI. Une aubaine pour Volksbanken, qui a reçu une aide de l’Etat d’un milliards d’euros pendant la crise et doit en rembourser 300 millions d’ici la fin de l’année sous peine de se voir nationalisé.
La filiale roumaine de VBI serait néanmoins exclue des négociations en cours. Le prêteur d’Europe de l’Est a enregistré une perte nette de 21,8 millions d’euros en 2010, sous l’effet d’une hausse de plus d’un tiers des provisions pour créances douteuses, notamment dans ses activités en Roumanie. L’impact de VBI, qui possède des actifs totaux d’une valeur de 13,7 milliards d’euros, dans les 210 milliards d’actifs détenues par le géant russe, resterait ainsi limité.
Suite à l’échec du rachat de la banque turque Garanti Bank, l’acquisition de VBI serait un bon prélude à l’objectif affiché par Sberbank de réaliser 5% de son produit net bancaire à l’international d’ici 2014.«Nous sommes dans une phase de recherche constante et de négociations» dans le but d’étendre nos activités à la Turquie, aux pays d’Europe centrale ainsi qu’en Asie, indiquait German Gref, le directeur général de la banque russe. Dans ce but, German Gref s’est adjoint les services d’Alessandro Profumo, l’ancien PDG d’UniCredit, pour le conseiller dans ses ambitions de croissance externe.
D’autant que la banque a indiqué hier un quasi doublement de son résultat net au premier trimestre à 83,9 milliards de roubles (2 milliards d’euros) et une baisse de son ratio de créances douteuses à 4,83%, contre 5,04% fin 2010. De plus, German Gref a indiqué en début de semaine que la mise sur le marché de 7% du capital de Sberbank devrait intervenir au second semestre de l’année. Une opération qui pourrait rapporter plus de 5 milliards de dollars à la banque, valorisée à environ 75 milliards.
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