Les afflux de capitaux pèsent sur les tarifs des réassureurs
Une tendance baissière commence à se dessiner sur le marché mondial de la réassurance. Après avoir stagné en 2012, puis baissé de 11% en 2013, l’indice «Rate-on-Line» des prix mondiaux des contrats de réassurance renouvelés le 1er janvier a de nouveau reculé de 11% l’an dernier, a indiqué le courtier en réassurance Guy Carpenter. La baisse a affecté «presque tous les lignes de métier et les zones géographiques, dans la lignée des récentes évolutions [constatées] lors des renouvellements», souligne la filiale de Marsh & McLennan.
Pour expliquer ce phénomène, Guy Carpenter met notamment en avant les afflux de «capitaux tiers» provenant d’investisseurs institutionnels comme les fonds de pension et les hedge funds, à la recherche de rendement dans un environnement de taux d’intérêts très bas. «Les industry loss warranties (ILW, des contrats dérivés basés sur des incidents d’échelle sectorielle, ndlr) ont vu leur volume baisser en raison des baisses de prix, (…) mais ce recul a été plus que compensé par la croissance des contrats de réassurance collatéralisés, les sidecars (rétrocession d’une portion de risque, ndlr) et les obligations catastrophes», souligne le courtier.
A la fin du troisième trimestre 2014, le capital mobilisé au niveau global pour réassurer des risques a augmenté de 6,5% pour atteindre un record de 575 milliards de dollars (486,5 milliards d’euros), a indiqué lundi le courtier Aon Benfield. Ce total inclut la part des capitaux alternatifs, qui a augmenté l’an dernier de 25% à un record de 62 milliards de dollars. «Les prix de la réassurance traditionnelle, en particulier ceux de la réassurance contre les catastrophes, ont réagi à la montée en puissance des capitaux alternatifs, qui sont désormais ‘price maker’ et non ‘price taker’», estime Aon Benfield.
Parallèlement à cette concurrence croissante, les réassureurs ont aussi fait face à une nette diminution de la fréquence des catastrophes en 2013 et 2014, ce qui induit un attentisme de la demande de protection. Les pertes totales assurées enregistrées l’an dernier ont ainsi diminué de 21%, à 39 milliards de dollars, a chiffré mercredi Munich Re.
«Même si une coûteuse catastrophe naturelle survenait, elle ne déclencherait pas de revirement majeur de l’environnement de marché», a jugé Nikolaus von Bomhard, le président du directoire du réassureur allemand, à l’occasion des résultats du troisième trimestre.
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