Les actionnaires du CIF sont appelés à voter sa liquidation ordonnée
Clap de fin pour le Crédit immobilier de France (CIF). L’assemblée générale du groupe est appelée aujourd’hui à se prononcer en faveur du protocole d’accord qui conditionne la mise en place de la garantie d’Etat sur la dette du prêteur, et qui conduira à la liquidation ordonnée de ce dernier. Le texte a déjà été voté par les conseils d’administration de la structure faîtière, la 3CIF, et des deux véhicules de refinancement du groupe, Euromortgage et CIFD. Même si ce dernier a dû s’y prendre à deux fois après un premier rejet le 4 janvier.
L’Autorité de contrôle prudentiel, dans un courrier adressé au PDG du groupe Michel Bouvard le 18 janvier et révélé par Le Monde, a d’ailleurs souligné que faute de feu vert à l’AG, le CIF perdrait aussitôt sa garantie et se retrouverait en cessation de paiement. «L’ACP a fait son travail en rappelant les risques qui pèseraient sur le groupe si le protocole n’était pas ratifié», relativise Michel Bouvard.
Certains actionnaires du CIF, notamment dans le monde du logement, n’ont en effet pas digéré la solution minimaliste retenue par le Trésor, et destinée à passer sans remous devant les services de la Commission européenne. Michel Bouvard avait proposé trois autres options: mise en place d’une banque relais, création d’une société commune avec la Banque Postale dont cette dernière n’a pas voulu, ou instauration d’un service d’intérêt économique général (SIEG).
Le protocole d’accord ne prévoit que la gestion en extinction des activités jugées non viables faute d’accès au refinancement, c’est-à-dire le stock actuel. Les activités dites viables, soit la filiale Banque Patrimoine & Immobilier (BPI) et le réseau, devront trouver preneur. HSBC et Gimar ont été mandatées à cette fin.
Quant au financement de l’accession sociale à la propriété, il repose sur le bon vouloir de la Banque Postale, qui s’est dite prête à embaucher en priorité des salariés du CIF. Mais ce point est absent du protocole d’accord. «Si l’Etat constate une carence du marché sur l’accession sociale, rien ne l’empêche ensuite de créer un SIEG, qui n’a pas besoin de l’aval de Bruxelles», précise Michel Bouvard.
L’accord reste aussi muet sur un dernier point: l’affectation du boni de liquidation du CIF au terme du processus. Les actionnaires actuels revendiquent les 2,4 milliards d’euros de fonds propres de l’établissement.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds luxembourgeois « modérément vulnérables » face aux violations de sanctions pour financement du terrorisme
Le ministère des Finances luxembourgeois a publié une évaluation de l'exposition de son secteur financier aux risques de violation ou de contournement des sanctions financières en matière de financement du terrorisme et de la prolifération d'armes de destruction massive. -
L’Autriche entérine sa réforme des retraites professionnelles
Le Conseil national autrichien a approuvé jeudi dernier le projet de réforme du système de retraite professionnel porté par le gouvernement. Les régimes d’entreprise viendront désormais renforcer la retraite publique. -
Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
La forêt devient une classe d’actifs à part entière pour Crédit Agricole. Le groupe se dote d’un pôle Capital Naturel et d’un fonds visant 200 millions d’euros d'encours, confié à Amundi, pour financer la régénération des écosystèmes forestier.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Epsilon, le réseau social anti-X made in Europe
Porté par deux ex-consultants et adossé à la technologie de Mastodon, ce nouveau réseau social mise sur la modération de Mistral pour s'implanter d'ici à la présidentielle -
DilemmeBudget 2027 : comment les mesures envisagées impactent différemment les retraités
L'Institut des politiques publiques a simulé l'effet d'une désindexation des pensions ou de la suppression de l'abattement de 10 % sur le niveau de vie des retraités -
Sénatoriales : pour la première fois, le RN aura un groupe au Sénat
Associé à l'UDR d'Eric Ciotti, le Rassemblement national est sur le point de diriger un groupe au Sénat. Une première dans l'histoire du parti