Les actionnaires du CIF proposent un plan B à l’Etat

Les Sacicap veulent sauver le métier d’accession sociale à la propriété et préconisent l’intégration partielle du CIF dans la sphère publique
Alexandre Garabedian

Sous le choc de la chute du Crédit immobilier de France fin août, le mouvement HLM commence à s’activer pour sauver ce qui peut l’être. L’un des membres de la famille, l’Union d’économie sociale pour l’accession à la propriété (UESAP), qui regroupe les 56 Sacicap, ces sociétés actionnaires du CIF, a tenu lundi un conseil d’administration. Son objectif: proposer un plan B à l’Etat alors que ce dernier a évoqué une extinction des activités du groupe après lui avoir apporté sa garantie.

L’Union veut préserver l’activité d’accession sociale à la propriété, métier historique du CIF qui représenterait encore 15% de sa production. «Les banques traditionnelles, qui durcissent leurs critères de prêts, ne traiteront plus cette clientèle ni celle des emprunteurs atypiques», avance une source proche. Autre problème, les résultats du CIF permettent aux Sacicap de financer des missions sociales, à hauteur de 45 millions d’euros par exemple l’an dernier.

Pour l’UESAP, «le CIF pourrait être au moins partiellement intégré à la sphère publique» et servir ainsi d’outil au service de la politique publique d’accession à la propriété. Si elles ne sont pas nommées, la Banque Postale et surtout la Caisse des dépôts font figure de réceptacle pour cette mission. En toile de fond, l’UESAP craint aussi que le démantèlement du CIF «ne soit l’instrument d’une captation pure et simple des fonds propres» de 2,4 milliards d’euros. Une première tentative de ponction avait été déjouée en 2006.

Hier, la fédération syndicale SNB/CFE CGC du secteur bancaire a avancé une idée comparable: transformer l'établissement en Banque publique du logement, qui serait alimentée par les fonds du Livret A.

Depuis fin août, le CIF tourne au ralenti. Le Trésor a enjoint aux dirigeants du groupe de cesser la production. En juin, l’Autorité de contrôle prudentiel avait fixé quant à elle au prêteur des critères d’octroi stricts: pas de crédit au-delà de vingt ans, un apport personnel de 20% minimum et un taux d’endettement de l’emprunteur plafonné à 33%. «Vu notre clientèle, avec des prêts à trente ans et souvent aucun apport, cela revient à interdire toute production», soupire un salarié. Un mouvement social sera organisé demain devant le groupe à Paris. Les représentants des 2.500 salariés iront ensuite plaider leur cause le 21 septembre au ministère du Logement.

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