« L’enjeu n’est rien de moins que l’avenir du secteur »
Les banques misent-elles réellement sur le développement des compétences douces ?
Oui, c’est une vraie tendance. Concernant la nature des formations, le champ se déplace vraiment sur les sujets des compétences humaines et transversales à tous les niveaux hiérarchiques de la banque : dirigeants, managers et collaborateurs. Le secteur voit ce développement comme une clef de l’agilité nécessaire face aux mutations du secteur, à la digitalisation des métiers et à la robotisation des processus. Nous voyons beaucoup de formations liées au management (leadership, accompagnement de projet) mais aussi sur la manière de mieux travailler ensemble (feedbacks, confiance et collaboration).
Quel est l’enjeu derrière cette tendance ?
L’enjeu n’est rien de moins que l’avenir de la banque et même du secteur. Les Gafa, les fintech, l’automatisation d’une très grande partie des opérations de back office peuvent provoquer des pertes d’emploi du côté des salariés, et rendre la banque dépassée par un environnement devenu très concurrentiel. Il est important d’apprendre à apprendre et d’encourager l’innovation. Pour cela, développer les soft skills est la meilleure solution.
Ces programmes sont-ils à hauteur de cet enjeu ?
Il faut noter que cela progresse. Mais il est vrai que le niveau d’investissement, selon moi, n’est pas encore à la hauteur en regard de ce que l’on investit dans les processus métiers et numériques. L’investissement sur le capital humain reste trop concentré dans le discours, notamment parce que nous ne savons pas mesurer le retour sur investissement en ce qui concerne l’intelligence humaine et émotionnelle. Bref, ces compétences douces et leur transmission constituent un nouveau pan de recherche et d’opportunités à travailler.
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