L’encadrement des marchés est d’autant plus nécessaire que leur rôle va s’accroître
« Le projet de nouvelle directive MIF (Marchés d’instruments financiers), qui doit être voté par le Parlement européen, comporte de nombreuses exemptions à la transparence qu’’il faut combattre », a lancé Dominique Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext, en réponse à la question de savoir comment « mettre un terme à la dynamique déstabilisante des marchés financiers », thème de l’une des conférences des Rencontres économiques d’Aix-en-provence, organisées par le Cercle des économistes les 6,7 et 8 juillet derniers.
Difficile d’apporter des réponses définitives à cette question. Pour Romas Viesulas, head of UK sales de CA Cheuvreux, qui intervenait après une attaque en règle du trading à haute fréquence de la part de Catherine Lubochinsky, professeur de finance à Paris 2, « les effets bénéfiques de la vitesse en matière de trading sont encore soumis à discussion ».
Quelques propositions d’encadrement des pratiques ont cependant été émises. « Les CDS (credit default swaps) à nu ne servent à rien, parier sur la ruine d’un émetteur est néfaste, il faut les interdire », a affirmé Eric le Boulch, directeur général de CM-CIC Securities, qui observe que « le rôle des marchés financiers va encore croître à l’avenir. Il faudra faire avec et la question est de savoir comment les dominer alors qu’ils ne s’autorégulent pas et qu’ils ne sont pas efficients ». Pour sa part, Pascal Blanqué, directeur général adjoint d’Amundi, a loué, « dans un contexte de montée en puissance des marchés, le rôle clé des gérants d’actifs capables de recycler l'épargne mondiale ».
L’idée de l’apport des marchés, dans la perspective d’une moindre générosité des banques soumises aux règles de Bâle, a aussi été défendue par Carole Sirou, présidente de Standard & Poor’s France, qui a relevé que « de nombreuses entreprises européennes, classées high yield et qui se finançaient auprès des banques se financent désormais sur les marchés et ont ainsi levé des dizaines de milliards d’euros ». Au passage elle s’est dite favorable au retrait de la référence aux notations dans la régulation, « les régulateurs ayant donné un rôle systémique aux notes, ancrées dans l’architecture réglementaire, soumettant les acteurs à des règles court-termistes alors qu’ils doivent avoir un horizon de moyen terme ».
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