L’emploi dans le secteur bancaire souffre de la numérisation
Le secteur bancaire connaît une baisse tendancielle des effectifs. Pour la troisième année consécutive, le secteur a détruit de l’emploi en France en 2014, avec un recul de 0,9% des effectifs, soit plus de 3.000 emplois supprimés. «Il y a une modification des usages des clients», explique Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), qui présentait hier les chiffres de l’emploi 2014. La fréquentation des agences a baissé de 5% l’année passée, tandis que la banque à distance continue de croître. «21% des clients fréquentent plusieurs fois par mois leur agence aujourd’hui contre 52% en 2010», d’après l’Observatoire de l’image des banques, précise la FBF dans son communiqué.
La banque demeure toutefois l’un des gros recruteurs en France, avec 35.000 embauches l’an passé, contre 31.000 en 2013. La part des 30-44 ans a sensiblement augmenté dans les embauches, une évolution liée au dynamisme des métiers de l’audit et de la conformité au sein de groupes bancaires qui font face à un environnement réglementaire changeant. L’incertitude liée aux réglementations, tant en France qu’au niveau européen et international, est un leitmotiv pour la FBF, qui souligne la hausse de 32% en cinq ans des fonds propres cumulés des grands groupes bancaires. «La rentabilité du secteur bancaire français s’établit à 4,5% en 2014, quand les banques américaines atteignent 6,8%», insiste Marie-Anne Barbat-Layani, qui reconnaît le rôle joué cette année par l’amende record infligée à BNP Paribas aux Etats-Unis.
Pour faire face au défi de la numérisation, les banques embauchent fortement dans l’informatique et dans le conseil client à forte valeur ajoutée (conseillers patrimoniaux, spécialisés pour les entreprises), mais n’oublient pas les salariés actuellement en poste. L’équivalent de 3,5% de la masse salariale est investi dans la formation continue, et l’accord formation signé avec les partenaires sociaux en février dernier prévoit le développement d’un «socle commun de connaissances numériques». Sans attendre de voir leurs marges réduites par la concurrence du numérique, les banques françaises préparent déjà la suite: investissements, partenariats ou incubateurs, toutes sont impliquées auprès des FinTechs qui veulent bousculer le secteur.
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