L’égalité entre femmes et hommes reste à bâtir dans les sociétés de gestion
Les sociétés de gestion emploient 42% de femmes et 58% d’hommes, selon les résultats de la première enquête «Mixité, première des diversités» du le groupe de travail «Diversités, vecteur de compétitivité» de l’Association française de la gestion financière (AFG). Ce chiffre, en apparence satisfaisant, masque d’importants déséquilibres, a reconnu Dominique de Préneuf, directeur général de l’AFG et coprésident du groupe de travail «Diversités», lors d’une conférence de présentation mardi matin.
Pour commencer, les femmes sont sous-représentées au sein des fonctions d’investissement, qui sont le cœur de métier du secteur. On les trouve davantage dans la vente, le marketing et la communication. Une catégorie large que l’AFG compte affiner l’an prochain, en distinguant la vente des deux autres métiers. Les fonctions support et de conformité sont aussi très féminisées.
Autre déséquilibre, les femmes accèdent peu souvent à des postes à responsabilités. Ainsi, dans le métier vente, marketing et communication, 14% des hommes sont des managers, contre 10% des femmes. Pire, dans l’investissement, 17% des hommes sont des managers, alors que c’est le cas de seulement 5% des femmes. En moyenne, le différentiel est de 6 points.
La composition des organes de direction révèle les mêmes disparités. Un tiers seulement des membres des comités exécutifs sont des femmes, et un membre sur cinq des conseils d’administration est une femme.
Dernière injustice, les femmes sont moins bien payées. Les trois quarts des plus hautes rémunérations sont attribuées aux hommes, que les sociétés de gestion aient plus de 50 salariés, ou moins de 50 salariés. Et la rémunération moyenne annuelle est inégale, avec 110.000 € pour les hommes, contre 93.000 € pour les femmes.
Pour autant, Dominique de Préneuf veut rester optimiste. Il souligne que l’index de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est de 83 dans les sociétés de gestion, ce qui est supérieur à la limite de 75 en deçà de laquelle l’entreprise doit mettre en place des mesures correctives. Il observe aussi que dans la population des moins de 45 ans, il existe un équilibre parfait entre hommes et femmes au sein des membres de la direction. Signe que les choses commencent peut-être à changer. De plus, la parité existe dans le nombre de salariés promus. Enfin, les deux tiers des sociétés de gestion ont mis en place des objectifs de mixité.
Cet état des lieux a constitué la première mission du groupe de travail diversité. Il permettra de «mesurer le point zéro», pour évaluer les éventuelles évolutions qui interviendront par la suite. Même si le groupe «ne cherche pas à avoir une action normative, mais plutôt incitative», souligne Valérie Derambure, directrice générale déléguée en charge des finances et des opérations chez Ostrum Asset Management et coprésidente du groupe de travail.
Autrement dit, le groupe de travail ne veut pas rédiger de charte, qui pourrait finir par être imposée. En revanche, il va lancer quelques initiatives, comme des visites auprès des universités, afin d’inciter les femmes à se tourner vers la finance. Il compte aussi nouer des liens avec des réseaux de femmes dans la finance, et pourquoi pas en créer un dans le domaine de la gestion d’actifs.
Enfin, le sujet de la diversité ne se limite pas à l’intégration des femmes. Aussi, le groupe de travail compte se pencher prochainement sur les sujets du handicap et de l’égalité des chances.
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