Le superviseur bancaire européen relève la barre des tests de résistance
Le cadre des nouveaux stress tests est enfin complet. L’Autorité bancaire européenne (ABE) a dévoilé vendredi dernier sa définition du ratio core tier one qui va lui permettre de mesurer la résistance des banques dans un scénario adverse. Pour cela, elle s’est basée sur les principes de la directive européenne CRD sur le capital réglementaire. Concrètement, le core tier one de l’ABE sera établi à partir des capitaux propres du tier one, déduction faite des participations dans les institutions financières et des instruments hybrides, notamment les actions de préférence.
Malgré leurs protestations, les banques régionales allemandes ne pourront donc pas intégrer dans le ratio les «participations silencieuses» des Länder ou des caisses d'épargne, considérées comme des titres hybrides. Or, ces instruments représentent pour certaines banques une part importante de leur capital. Chez Helaba, ils comptent ainsi pour la moitié. Les titres souscrits par les gouvernements comme mesures de soutien dans des circonstances exceptionnelles seront en revanche intégrés aux actifs éligibles.
La définition du core tier one de l’ABE est, au total, très proche de celle de Bâle 3 sur les éléments positifs, mais les déductions divergent légèrement. Le superviseur n’a pas souhaité se caler intégralement sur la nouvelle réglementation du comité de Bâle car elle n’entrera en vigueur qu’en 2013. Le core tier one de l’ABE se rapproche aussi de la définition des capitaux propres utilisée pour les derniers stress tests américains.
Après les tests contestés de l’an dernier, l’ABE entend non seulement gagner en crédibilité mais aussi renforcer la transparence de l’épreuve. Ainsi, tous les éléments du capital seront dévoilés, dans le scénario de base et dans le scénario de crise, a précisé l’ABE en fin de semaine dernière.
Le superviseur a fixé le seuil de résistance du core tier one à 5% des actifs pondérés du risque. Lors des stress tests de l’été 2010, le ratio tier one devait dépasser 6%.
90 banques seront mises à l’épreuve d’ici au mois de juin. Celles qui ne réussiront pas les tests ou se trouveront proches du seuil de 5% devront prendre des mesures pour redresser leur situation, en lien avec les banques centrales nationales, a souligné l’EBA. Outre des augmentations de capital, d’autres mesures peuvent être envisagées, comme des ventes d’actifs, a rappelé le superviseur.
Plus d'articles du même thème
-
Casino de Cannes va pouvoir sortir de la cote
L’Autorité des marchés financiers vient d’accorder son feu vert à l’offre publique de retrait de SPD (famille Barrière) sur les actions Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC). -
L’OCDE milite pour une amélioration des infrastructures détruites lors de catastrophes
Face aux catastrophes naturelles qui détruisent régulièrement les infrastructures, l’OCDE encourage les gouvernements et les acteurs privés à investir dans la reconstruction de façon à renforcer leur qualité et leur résilience. -
Les Etats-Unis présentent un très bon rapport sur l’emploi
Les nouvelles créations d’emplois nettes sont apparues spectaculaires sur un mois, en octobre (+165.000), réduisant aussi le chômage de 4,2% à 4,1%. Mais le marché du travail américain reste assez figé, laissant peu de place à de fortes augmentations sur les salaires. Ce qui ne change pas grand-chose aux prévisions de hausses de taux modérées du côté de la Fed.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
L'heure du choixPrésidentielle : la tentation Christine Lagarde
La présidente de la BCE affirme ne pas vouloir être candidate. Dans les milieux politiques et économiques, certains l'y encouragent pourtant. Elle dispose de quelques semaines pour trancher définitivement -
Radicalement centristesMidterms : chez les démocrates, les socialistes ont fait du bruit, les modérés ont fait la différence
Les candidats du courant socialiste ont fait du bruit tout au long de la campagne des midterms et quadruplé leur nombre au Capitole. Mais, selon notre analyse, la future majorité démocrate à la Chambre sera dominée par l'aile modérée -
A domicileA Hénin-Beaumont, terre RN, la colère sans la rue
Dans le fief du RN, la colère contre la vie chère est partout, sauf dans la rue. Résignation, ressentiment contre ceux qui seraient trop aidés, attente d’une alternance électorale… les frustrations individuelles ne se transforment pas en mobilisation