Le secteur bancaire français est prêt à repartir en quête d’acquisitions
Les banques françaises ont le moral en berne... sauf pour elles-mêmes. Seules 33% d’entre elles anticipent une amélioration de la situation économique de leur marché domestique. Soit le score le plus faible de la quatrième enquête semestrielle d’EY sur les banques européennes.
«Pour la première fois depuis le lancement du baromètre, une majorité de banques sont optimistes sur les perspectives économiques, souligne le cabinet d’audit. 56% des répondantes anticipent désormais qu’elles vont s’améliorer sur leur marché dans les six mois, contre seulement 25% au premier semestre 2013. Les banques polonaises, espagnoles et britanniques sont les plus optimistes, avec respectivement 86%, 77% et 74% de prévisions à la hausse». La majorité des 184 banques interrogées en septembre et octobre dernier estime en effet que le pic de la crise de la dette souveraine est derrière elles.
Malgré cette embellie, la France est aussi le seul pays où plus d’un quart des banques anticipent un recours accru de leurs compatriotes aux financements de la Banque centrale européenne (BCE). Les réponses sont plus partagées en Allemagne et en Espagne, tandis qu’ailleurs, la plupart des sondés estiment que les banques de leur marché domestique ne devraient plus frapper au guichet de la BCE. Les établissements de l’Hexagone prévoient aussi de continuer à réduire leur bilan, en prévision de Bâle 3, alors que les positions sont plus disparates aux Pays-Bas et en Espagne.
Pourtant 57% des groupes français - un record en Europe- envisagent de repartir en quête d’acquisitions, contre seulement 20% au premier semestre 2013. BNP Paribas a montré la voie cet hiver en rachetant BGZ à Rabobank en Pologne et les 25% de l’Etat belge dans Fortis.
Les banques françaises jugent aussi que leur performance financière va continuer à s’améliorer, comme la plupart de leurs concurrentes à l’exception des allemandes. En prévision de l’asset quality review (AQR ou revue de la qualité des actifs) menée cette année par la BCE, un tiers de l’échantillon total anticipe une hausse des provisions pour créances douteuses, sauf les banques britanniques épargnées par l’AQR car en dehors de la zone euro. Ce sont aussi les seules à annoncer un assouplissement généralisé de leur politique d’octroi de prêts aux entreprises. Ailleurs, l’immobilier commercial et la construction restent les bêtes noires des banques, ainsi que le transport et le commerce en France.
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