Le secteur bancaire espagnol connaît une nouvelle vague de licenciements
La seconde restructuration du secteur bancaire espagnol est en marche. Réductions massives de personnel, fermetures d’agences sont les ingrédients du cocktail destiné à rentabiliser le secteur. BBVA, le numéro deux de la banque ibérique, va ainsi se défaire entre 2012 et 2014 de 1.200 salariés de la caisse d’épargne Unnim, en vertu de l’accord passé avec l’Union européenne après son absorption. Son plan de restructuration présenté aux syndicats prévoit «préretraites, congés sans solde, démissions, et extinctions de contrats de travail», indique un communiqué.
Du côté de Liberbank, même son de cloche. L’ex-caisse d’Extrémadure prévoit de réduire jusqu’à 60% de son personnel. Objectif: économiser entre 80 et 100 millions d’euros par an. Sabadell a également commencé son plan de dégraissage en supprimant 1.200 emplois dans la CAM, caisse qu’elle a reprise il y a quelques mois. A Banca Civica, absorbée par Caixabank, 1.452 employés ont déjà été licenciés et entre 600 à 800 agences seront graduellement vouées à la fermeture.
En moins de trois ans, la réforme du secteur bancaire espagnol a ainsi détruit 30.000 emplois, dont 20-921 dans les caisses d’épargne. Les syndicats calculent que 20.000 autres seront supprimés dans les prochains mois sur un total de 107.033 employés dans les anciennes caisses d’épargne, converties en banques.
Pour Rodrigo Garcia de la Cruz, membre du centre de recherches à l’Institut d’études boursières de Madrid, 2013 sera une année clé pour les licenciements et les fusions. Il prévoit que d’ici à 2014, «dix succursales par jour fermeront en Espagne. Dans les trois prochaines années, le réseau de la péninsule se restreindra à un volume d’entre 25.000 et 30.000 agences. Rien qu’en 2011, 3.300 ont déjà fermé leurs portes», précise-t-il.
Il estime cependant que le processus de restructuration est lent et que l’Espagne «n’est seulement qu’à la mi-chemin de son processus de restructuration bancaire». Selon lui, le rapport d’Oliver Wyman a permis d'éclaircir la situation en identifiant «trois différents types d’établissements: les banques saines, les banques moyennes et les banques sous perfusion». Ce sont ces dernières qui devront présenter à la Banque d’Espagne des plans drastiques d’économies d’ici à fin octobre. Avec à la clé, les fonds européens dont devraient prochainement bénéficier Bankia, Novagalicia, Catalunya Caixa et Banco de Valencia.
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