Le scandale des produits d’assurance emprunteur pèse sur Lloyds Banking Group

Les analystes ont néanmoins salué les efforts entrepris par le groupe bancaire britannique pour assainir son bilan
Stéphanie Salti, à Londres

Les charges liées aux produits d’assurance emprunteur (PPI) continuent à peser sur le bilan de Lloyds Banking Group (LBG). A l’occasion de la publication des résultats trimestriels hier, le groupe bancaire a en effet annoncé une nouvelle provision à hauteur d’1 milliard de livres, portant à 5,3 milliards de livres (6,3 milliards d’euros) le montant total des charges liées aux ventes de ces produits.

Le bilan pourrait même encore s’alourdir, selon les analystes qui prévoient des provisions supplémentaires de 2,3 milliards de livres pour la banque partiellement nationalisée. Au total, le coût pour l’industrie pourrait approcher les 15 milliards de livres, selon des estimations réalisées par JPMorgan Cazenove. Le groupe a d’ores et déjà remboursé 3,7 milliards de livres dans cette affaire à fin septembre, soit 70% de sa provision. Reste que l’ensemble de ces coûts a conduit LBG à enregistrer un déficit trimestriel imposable de 144 millions de livres après une perte de 607 millions de livres une année auparavant.

La banque a néanmoins battu le consensus d’analystes en dévoilant un profit comptable ajusté de 840 millions comparé à 419 millions de livres une année précédente, conséquence d’une diminution des créances douteuses en particulier en Irlande et en Australie. De manière générale, les analystes ont salué les efforts du groupe pour redresser la barre. Dans une note, Deutsche Bank estime que la banque a tenu ses promesses, en particulier dans ses opérations «core», qui préfigurent la banque de demain et dont les bénéfices sous-jacents ont progressé de 12% en un an : «les opérations core qui sont au centre de nos préoccupations ont battu nos prévisions à hauteur de 30%, grâce à toutes les lignes du bilan» souligne la note.

Le plan de réduction des coûts avance aussi plus vite que prévu : LBG s’est en effet dit bien partie pour réduire les coûts à 10 milliards de livres cette année, avec deux ans d’avance. La banque anticipe aussi de réduire ses actifs non stratégiques de 38 milliards de livres cette année, soit 13 milliards de livres de plus que prévu. Au final, LBG estime être en bonne voie pour atteindre ses objectifs financiers pour l’ensemble de l’année 2012.

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