Le sauvetage de Dexia vient gonfler les déficits belge et français
Eurostat ne fera plus de cadeaux à la France et à la Belgique dans le dossier Dexia. L’office européen des statistiques a confirmé hier que la recapitalisation de 5,5 milliards d’euros de la banque franco-belge réalisée fin 2012 irait grossir le déficit public des Etats, comme le laissaient entendre les premières rumeurs en décembre. Pour la France, qui avait pris à sa charge 47% de la facture, soit 2,58 milliards, la surcharge représente environ 0,1 point de PIB, à rajouter à un déficit 2012 déjà largement hors des clous de Maastricht, à 4,5% du PIB.
Pour la Belgique, qui a injecté 2,91 milliards d’euros dans Dexia, l’impact relatif est beaucoup plus fort. Le déficit public 2012, qui devait tutoyer la barre des 3%, passera à 3,7%. La révision des comptes n’aura aucun impact sur la prévision officielle de déficit 2013, censé revenir à 2,15% du PIB, a annoncé le ministre belge des Finances. La dette belge, proche des 100% du produit intérieur brut, intégrait déjà le coût de la recapitalisation.
Lors du premier sauvetage de Dexia, fin 2008, Eurostat avait considéré les injections de fonds publics comme des investissements, sans impact sur le déficit au sens de Maastricht. Le critère était alors que l’Etat puisse espérer un «retour suffisant et non contingent» sur sa mise. Mais la donne a changé: en perte structurelle, Dexia a vocation à sortir du marché et à être gérée en extinction. Les actions de préférence que les Etats ont souscrites ne garantissent pas le paiement d’un coupon, et il est impossible de prévoir quel sera le boni ou le mali de liquidation de la banque. L’office des statistiques estime donc que l’opération de fin 2012 consiste en un transfert de capital de la part de la France et de la Belgique, qui doit être comptabilisé dans le déficit public.
Le courrier d’Eurostat adressé le 19 mars aux Etats fait d’ailleurs de Dexia «un cas exemplaire» vu la situation financière critique du groupe. «Même dans les scénarios les plus optimistes transmis par les autorités belges, les pertes attendues sont de 929 millions d’euros en 2013 et de 340 millions en 2014. Au total, la recapitalisation de 5,5 milliards d’euros est significativement inférieure au cumul des pertes enregistrées et attendues entre 2011 et 2014», soit près de 16 milliards, souligne la lettre. Impossible dans ces conditions de faire miroiter à Eurostat un retour sur «investissement».
Plus d'articles du même thème
-
Le fil des négociations n’est pas rompu entre Washington et Téhéran
Après avoir rejeté durant le week-end le plan iranien destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz, Donald Trump s’attend à une poursuite des discussions cette semaine. -
«La correction sur les taux nous paraît excessive»
Mikaël Pacot, responsable Investissements Souverains et SSA chez BNP Paribas AM. -
«Nous demeurons constructifs sur les marchés actions»
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Sénatoriales : pour la première fois, le RN aura un groupe au Sénat
Associé à l'UDR d'Eric Ciotti, le Rassemblement national est sur le point de diriger un groupe au Sénat. Une première dans l'histoire du parti -
Lignes rougesRussie – Europe : l’étrange et inquiétante escalade
Face à des attaques hybrides russes de plus en plus affirmées, les Européens sont parfois pris au dépourvu. Ils planchent toutefois sur des modes collectifs de riposte -
EditoLa France au révélateur de la Léonmania
Que dit de notre pays l'incroyable succès de la visite du pape Léon XIV à Paris ?