Le Royaume-Uni veut rendre le conseil financier plus abordable

Le gouvernement britannique engage une réflexion pour stimuler l’offre des conseillers financiers et rassurer les consommateurs.
Bastien BOUCHAUD

Le Trésor britannique a annoncé hier la mise en place d’une revue sectorielle des conseillers financiers, présidée en tandem par Tracey McDermott, qui prendra formellement les rênes de la Financial Conduct Authority en septembre, et Charles Roxburgh, directeur général des services financiers au Trésor. La consultation doit débuter à l’automne pour un rendu avant la fin du premier semestre 2016.

En lançant la Financial Advice Market Review (FAMR), le Trésor et la FCA veulent résoudre les problèmes créés par la mise en place de la Retail Distribution Review en 2013. Cette réforme devait améliorer la confiance des investisseurs particuliers envers les conseillers financiers après une série de scandales, en assurant leur indépendance et la transparence de leurs charges. Dans les faits, de nombreuses banques ont arrêté d’offrir ces services aux particuliers les moins aisés. Un problème d’autant plus pressant pour le gouvernement que la dernière réforme des retraites a introduit la possibilité pour les bénéficiaires de régimes à prestations définies de recevoir, au lieu de leur annuité, une somme forfaitaire à utiliser à leur guise.

Chris Hannant, président de l’Association des conseillers financiers professionnels, a ainsi déclaré se réjouir de travailler avec la FAMR «pour s’assurer que les responsabilités sont mieux définies et que des mesures sont prises pour minimiser le coût de la régulation». Le comité doit notamment se pencher sur la mise en place d’une politique de «safe-harbour», limitant dans le temps l’engagement de la responsabilité légale des conseillers.

Le panel de douze à quinze experts menés par Nick Prettejohn, président de l’assureur Scottish Widows, aura pour principal objectif de mettre fin au «défaut de conseil» qui touche les épargnants en l’absence de patrimoine important. La lettre de mission identifie deux problématiques : «s’assurer que l’environnement réglementaire et législatif» est propice à l’offre de services abordables et «encourager la demande de conseils financiers». Les experts devront donc naviguer entre les intérêts des professionnels et des consommateurs.

La fintech pourrait être une solution, avec la promesse de conseils financiers personnalisés et abordables, car automatisés (les robo-advisors). Les «défis et opportunités» posés par ces nouveaux acteurs font partie du champ d’investigation de la nouvelle commission.

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