Le retrait des fonds monétaires affecte aussi les banques allemandes
Selon une étude de Fitch publiée vendredi, les dix fonds monétaires américains les plus importants suivis par l’agence ont réduit leur exposition en dollars aux banques européennes de 8% à 284,6 milliards au mois d’août, soit 42,1% du total de leurs actifs (contre 47,2% un mois plus tôt). La baisse atteint 27% depuis fin mars. Il s’agit de la plus faible exposition aux établissements de la zone euro depuis le lancement de la collecte des données par Fitch au deuxième semestre 2006. Depuis fin juin dernier, les fonds américains ont ainsi coupé leurs positions de marché sur les banques européennes de quelque 51 milliards de dollars.
Les banques françaises ont vu leur présence dans les fonds américains chuter de 16,4% fin juin 2009 à 11,2% fin août 2011, soit une baisse de 34% depuis mars dernier. Dans le même temps, les maturités du portefeuille des fonds américains sur les banques françaises ont baissé, augmentant ainsi les risques de financement. 28% de l’exposition est concentrée sur le segment court (moins de 7 jours), alors que le segment long (plus de 64 jours) a vu son taux passer de 50% à 33% depuis fin juin.
Mais la stratégie défensive des fonds américains ne touche pas que les banques françaises. Leurs homologues allemandes sont les plus touchées avec une baisse de l’exposition américaine de 36% depuis mars, malgré une hausse de 8% sur le mois d’août. Les fonds américains ont également allégé leur portefeuille de 22% sur les banques britanniques depuis mars. Les établissements nordiques restent épargnés avec une baisse modeste de 4%. Ce sont les établissements financiers canadiens, australiens et surtout japonais qui bénéficient de la crise en Europe avec une hausse des participations américaines de respectivement 11%, 11% et 33%.
Malgré les engagements pris par cinq banques centrales de fournir autant de liquidités en dollar que nécessaire aux banques européennes, les marges de swap de base 1 an contre Libor flat continuent de s’élargir, ainsi que le spread Euribor-OIS à 85 bp. Des niveaux qui restent cependant loin des plus hauts post-Lehman de 188 bp. De plus, la BCE fournit environ 540 milliards d’euros au système bancaire, soit une liquidité excédentaire de près de 80 milliards, contre 140 milliards en moyenne en 2010. Ce qui lui laisse une marge de manœuvre supplémentaire si les tensions sur l’interbancaire s’intensifiaient.
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