Le régulateur financier britannique dévoile sa feuille de route
Le principe de dissuasion crédible (credible deterrence) continue à fonctionner à plein pour le FCA (Financial Conduct Authority). Hier, l’Autorité de conduite britannique, qui a remplacé la FSA début avril, a imposé une amende de 5,6 millions de livres à la banque partiellement nationalisée RBS, pour avoir manqué de lui remonter correctement ou entièrement plus d’un tiers des transactions totales effectuées sur les marchés entre novembre 2007 et février 2013. Deux jours auparavant, la FCA avait infligé une amende de près d’un million de dollars au trader Michael Coscia dans le cadre d’une affaire de trading à haute fréquence.
Le durcissement attendu de la politique du régulateur ne s’est donc pas fait attendre. Dans un document d’une cinquantaine de pages publié hier, l’autorité de réglementation des marchés, qui supervise 26.000 établissements financiers outre-Manche, a détaillé sa feuille de route dans laquelle elle prend le contre-pied de son prédécesseur, vivement critiqué pour ne pas avoir empêché la crise financière. L’identification des risques en amont guidera ainsi désormais la stratégie du régulateur qui entend durcir sa politique à l’égard des personnes ou des entreprises en infraction par le biais de lourdes amendes ou de poursuites judiciaires.
Cette approche doit ainsi permettre à la FCA, dirigée par Martin Wheatley, de mieux protéger les consommateurs. Parmi ses autres chantiers prioritaires, la FCA veut aussi favoriser la concurrence dans le secteur financier, encore largement dominé par les poids lourds du secteur à l’image de Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group, RBS ou encore Santander. L’arrivée des nouveaux entrants sera ainsi facilitée au travers d’un nouveau processus.
Si dans le passé, les candidats devaient s’acquitter de frais colossaux d’infrastructures en attendant le feu vert du régulateur, ils seront désormais autorisés à reporter cette phase- appelée phase de mobilisation par le régulateur – après l’acceptation de leur projet. Les critères de validation resteront néanmoins drastiques: le régulateur a fait savoir qu’il refusera tout établissement dont les produits ou les services pourraient poser un risque pour le consommateur final.
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