Le régulateur européen veut parer à une surchauffe bancaire
Le mille-feuille de la réglementation bancaire s'épaissit. La prochaine couche pourrait venir du Conseil européen du risque systémique (ESRB), un organisme rattaché à la BCE et créé en 2010 pour prévenir l’apparition de nouveaux risques dans le système. Plutôt discrète jusqu’à présent, l’institution planche en effet sur la création de surcharges qui pourraient être imposées aux banques en matière d’appels de marges sur leurs activités de marché.
Le projet «s’appliquerait à la fois aux contrats traités dans des chambres de compensation et à ceux négociés de gré à gré et dont la compensation n’est pas centralisée», a expliqué hier à Reuters le secrétaire de l’ESRB, Francesco Mazzaferro. Les différentes formes de prêt-emprunt soumises à appels de marges et à décotes, à l’image des repos, pourraient avoir à renforcer ces mécanismes de protection si leur croissance est jugée trop rapide. «Si le système financé par des opérations sujettes à appels de marges et à haircuts se développait à un rythme extrêmement risqué, la surcharge se mettrait en place pour essayer de le ralentir», indique Francesco Mazzaferro. Tout l’enjeu pour l’ESRB est de savoir à quel moment il doit intervenir, et s’il doit fonder sa décision sur des indicateurs quantitatifs ou simplement qualitatifs.
Les nouvelles règles seront prêtes d’ici deux à trois ans. Elles constitueraient aussi un moyen de contrôler la croissance de la finance parallèle (shadow banking), puisque les fournisseurs de liquidité à travers des opérations de repos sont souvent des acteurs non bancaires, comme les fonds monétaires. «La décision de faire varier les marges dépendrait de l’autorité dotée du mandat de surveillance macroprudentielle, au niveau national», précise Francesco Mazzaferro. Le Financial Policy Committee britannique, équivalent local du conseil du risque systémique, s’intéresse déjà à un tel mécanisme.
L’ESRB a d’autres sujets de vigilance, comme la mévente possible de produits indiciels (ETF) à des particuliers. «Nous essayons aussi d’évaluer les risques systémiques possibles provenant de nouveaux instruments de financement, tels que les ETF et les swaps de liquidité», poursuit Francesco Mazzaferro. Les CDS souverains figurent aussi au menu du Conseil européen du risque systémique, qui se réunira en juin.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump