Le régulateur des assurances veut revoir le traitement prudentiel des infrastructures
L’autorité de régulation européenne des assurances pourrait revoir les exigences prudentielles imposées aux assureurs qui investissent dans des infrastructures. L’Eiopa a annoncé hier qu’elle allait travailler avec les acteurs du marché pour étudier «un traitement plus granulaire» de ces investissements.
En 2012, la Commission européenne, soucieuse de soutenir la croissance, avait demandé au régulateur de revoir les charges en capital appliquées aux assureurs pour les «investissements de long terme». En 2013, l’Eiopa s’était montrée réservée sur les possibilités d’assouplissement pour les investissements en infrastructures. La Commission a cependant remis le sujet sur la table en annonçant un plan d’investissement de 315 milliards d’euros pour soutenir l’activité.
L’Eiopa déclare désormais vouloir «développer une définition des investissements en infrastructures qui proposent des cash-flows prévisibles et dont les risques peuvent être bien identifiés, gérés et contrôlés par les assureurs». Le régulateur souhaite ainsi définir une nouvelle classe «d’actifs d’infrastructures de haute qualité» à partir de critères de standardisation et de transparence. Il veut enfin analyser la façon dont cette classe pourrait être traitée dans Solvabilité 2.
En 2013, l’Eiopa soulignait la très grande diversité des investissements en infrastructures (en capital, en dette, en titres cotés ou en non-coté) et le manque de données sur leurs performances. «L’infrastructure était l’homme invisible de Solvabilité 2, explique Julien Touati, directeur des investissements chez Meridiam. On est sur une classe d’actifs relativement neuve, cela fait moins de trente ans qu’on a des montants significatifs d’actifs sous gestion alloués à l’infrastructure».
Certains font valoir que la dette infrastructure est pénalisée par rapport à la dette corporate du fait de maturités très longues. Pourtant, selon Moody’s, si le risque de défaut est élevé en début de vie du projet, il se réduit au fil du temps. D’autres déplorent le traitement de l’investissement en capital : «il est clair que tout ce qui est infrastructure en PPP est aujourd’hui maltraité notamment quand on le compare à l’immobilier», selon Julien Touati.
«Le diable est vraiment dans les détails, il faut regarder le type d’actif sous-jacent mais aussi la façon dont on y accède», assure-t-il. «Ce n’est pas la même chose d’investir directement ou de passer par un fonds, il faut que les régulateurs arrivent à identifier les stratégies d’investissement».
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot