Le régulateur bancaire européen peaufine son ratio de liquidité
Voilà les experts de la liquidité bancaire occupés pour les prochains jours. L’Autorité européenne des banques (EBA) a publié hier deux documents consultatifs dont l’objet est de préciser le calcul du ratio de liquidité à 30 jours que le Comité de Bâle entend voir appliquer au secteur en 2019. Les propositions de l’EBA seront ensuite soumises à la Commission européenne pour que celle-ci les intègre, via un acte délégué, à la directive et aux règlements CRD 4 qui transposent les normes de Bâle 3 en Europe.
Le premier document porte sur la définition des actifs liquides qui doivent servir de coussin de sécurité aux banques en cas de crise. L’EBA présente pour l’instant sa méthode. Elle va collecter des données de marché sur chaque type d’actifs (actions, obligations, or, etc.), afin de classer ces derniers suivant leur liquidité. Ce travail d’analyse couvrira la période allant de début 2008 à juin 2012, parce que les exigences de reporting créées par la directive MIF n’ont été introduites qu’en 2007.
L’exercice aboutira à des définitions du type: «les obligations d’entreprise notées au-dessus de A et d’une taille minimale de X millions d’euros sont considérées comme des actifs hautement liquides», selon un exemple cité par l’EBA, qui n’est pas près, au passage, de briser le lien entre réglementation et notation des agences.
L’autre consultation porte sur les hypothèses de fuite des dépôts des particuliers sur une période de 30 jours en cas de crise bancaire. L’EBA évoque des taux de fuite variant de 15% à près de 100%. Son analyse intègrera le montant des dépôts, la nature des produits d’épargne ou encore les caractéristiques des déposants. Les deux consultations s’achèvent le 21 mars.
Ces travaux interviennent un mois après que le Comité de Bâle a assoupli sa définition du ratio de liquidité à 30 jours. Il a élargi le champ des actifs considérés comme liquides, desserré ses hypothèses sur le niveau de stress, et reporté l’application du ratio de 2015 à 2019. La mesure a contribué à alimenter le rebond boursier du secteur bancaire en janvier. Autant de sujets qui sont désormais étudiés à l’échelon européen dans le cadre du trilogue entre la présidence irlandaise du Conseil, les députés et la Commission européenne.
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