Le Qatar optimise ses intérêts dans Barclays
Appelés à la rescousse par les banques anglo-saxonnes pendant la crise financière dans des conditions parfois controversées, les fonds souverains du Golfe n’en gèrent pas moins activement leurs participations. Ainsi, Qatar Holding a décidé de «monétiser» la totalité des 379 millions de warrants Barclays en sa possession, qu’il avait acquis en 2008. Instrument optionnel négociable, un warrant donne le droit d’acquérir des actions existantes de son émetteur à un prix déterminé à l’avance.
«L’investissement de Qatar Holding dans les actions ordinaires Barclays n’est pas concerné par cette transaction», précise le fonds qatari. En effet, ce dernier demeure le premier actionnaire du groupe, grâce à une participation de 6,65%, et conserve également ses titres de capital hybride.
A l’image de sa formulation (le fonds souverain n’écrit pas avoir «vendu» les warrants), l’opération elle-même est ambiguë. En effet, les warrants n’ont pas été convertis. Ils le seront à 198 pence par action l’année prochaine, avant le 31 octobre 2013. Pourtant, Deutsche Bank et Goldman Sachs, qui avaient arrangé l’opération en 2008, ont déclaré que suite à la décision de Qatar Holding, annoncée dimanche, elles vendraient jusqu’à 303,3 millions d’actions Barclays sur le marché. Les premiers titres ont d’ailleurs été vendus à des investisseurs au prix unitaire de 244 pence, soit une décote de 4% par rapport à la clôture de vendredi, ce qui a fait plonger le cours de Barclays.
«Qatar Holding a vendu des titres qu’il ne détenait pas», conclut Dealbreaker. Le site soulève plusieurs hypothèses. L’une d’elle serait que Qatar Holding ait vendu à découvert 303 millions d’actions à 244 pence pour un total de 740 millions de livres, un montant suffisant pour payer l’année prochaine le prix d’exercice de 198 pence par warrant (750 millions de livres au total), pour peu que le fonds parvienne à placer la somme à un taux de 1,4%.
303 millions d’actions seraient retournées au prêteur des titres, tandis que les 76 millions d’actions seraient autant de bénéfices pour Qatar Holding. En cas d’effondrement de Barclays en Bourse, les qataris pourraient ne pas exercer les warrants et racheter les actions empruntées, sachant qu’ils auront engrangé 740 millions de livres.
La décision de Qatar Holding intervient alors que Barclays fait l’objet d’une enquête du Serious Fraud Office britannique relative aux commissions payées en 2008 au fonds souverain.
Plus d'articles du même thème
-
Le régulateur taiwanais enquête sur la filiale de gestion d’actifs de Cathay Financial
La Financial Supervisory Commission taïwanaise a lancé une inspection sur site de la société de gestion de Cathay Financial Holding, rapporte Reuters qui cite des propos de son président Peng Jin-lung devant le Parlement. -
Pascal Pouyet : «Un dirigeant de banque coopérative est un passeur»
Podcast - Pascal Pouyet, directeur général du Groupe Crédit Coopératif, est le nouvel invité de Haute Fréquence. -
Schroders devrait céder sa société de conseil financier à Söderberg & Partners
Schroders est sur le point de céder sa filiale de conseil financier Benchmark Capital pour plus de 200 millions de livres sterling au cabinet de conseil suédois Söderberg & Partners, a appris le Financial Times. Benchmark, qui supervise 36,9 milliards de livres d’actifs sous gestion, fournit des services à des conseillers financiers qui s’adressent généralement à des particuliers disposant de centaines de milliers de livres à investir. Or, Schroders souhaite désormais se concentrer davantage sur les clients ultra-fortunés - ceux disposant de plusieurs millions de livres à investir - à l’image de la clientèle servie par sa marque Cazenove Capital, selon des sources proches du dossier.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Friction et restrictionsCommerce : les Européens sur une étroite ligne de crête face à la Chine
L’Union européenne tente à la fois de réamorcer le dialogue avec Pékin, tout en mettant en œuvre des mesures de défense commerciale -
EXCLUSIF ContorsionsEncadrement des loyers : la mairie de Paris met la pression sur les agents immobiliers
Les services de la mairie ont envoyé un courrier aux professionnels pour leur rappeler les règles de fixation des loyers. Ce n'est pourtant pas eux qui y dérogent le plus -
Présidentielle : Jordan Bardella au défi de l'exposition
Une étude de la Fondation Jean-Jaurès révèle combien le président du RN bénéficie d'une image souple, qui s'adapte à celui qui la regarde. Une force qui peut aussi se transformer en faiblesse