Le projet de décret sur le Livret A passe au Conseil d’Etat en dépit des critiques
Le nouveau projet de décret sur le taux de centralisation de la collecte du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) fait l’unanimité contre lui. Dans la foulée de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts (CDC, dont l’avis n’est que consultatif) hier, les autres protagonistes de l’épargne réglementée rejettent ses dispositions.
En vain, puisque le projet a été transmis hier au Conseil d’Etat, Bercy ayant simplement accepté de remonter le seuil d’alerte des ressources liées à la centralisation de 130% à 135% des encours de prêts au logement social et à la ville (L’Agefi du 3 février). «Le seuil d’alerte sera franchi avant 2016», prédit le président de la commission de la CDC, Michel Bouvard, dans une déclaration à l’AFP.
Les banques appréhendaient particulièrement le délai de convergence pour atteindre le taux de centralisation de 65%. Car s’il ne constitue pas un obstacle pour les acteurs historiques (les Caisses d’Epargne, la Banque Postale et le Crédit Mutuel), la situation est différente pour ceux qui ont bénéficié de la généralisation du Livret A depuis le 1er janvier 2009. Finalement, une période de transition jusqu’en 2022 et le fait de ne pas avoir établi de progression linéaire pour atteindre les 70% en 2016 (contrairement à ce que demandait la CDC) vont dans leur sens.
Mais ces concessions sont limitées face à ce que les banques estiment être des défauts majeurs: le maintien d’une double mesure de la centralisation (le taux de 65% et un rapport de 125% entre les ressources centralisées et les encours des prêts). En outre, certains nouveaux entrants ont été désagréablement surpris par la révision du système de calcul de la rémunération, fixé en moyenne à 0,5% dans le premier projet de décret avec des différences selon le taux de centralisation. «Nous ne nous étions pas battus à l’époque [pour obtenir davantage] car nous estimions la partie perdue d’avance. Mais d’après nos calculs, notre rémunération serait inférieure à 0,3% en 2011 si le nouveau projet était appliqué», explique un banquier. De quoi dissuader la collecte, menacent les banquiers.
Du côté de l’Union sociale à l’habitat (USH), on regrette à ce propos l’absence d’un taux plancher de centralisation. «Un plancher aurait permis d’empêcher toute décollecte et le siphonage du Livret A par les banques pour satisfaire aux nouveaux ratios réglementaires», explique l’organisme.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions de gaz à effet de serre de Google et Amazon explosent
Les émissions de CO2 des deux hyperscalers ont bondi respectivement de 58% et de 82% depuis 2019. La construction effrénée d’infrastructures pour faire tourner les IA consomme énormément d’énergie. -
Les investisseurs plébiscitent les fonds monétaires
Les stratégies monétaires ont fait le plein avec une collecte hebdomadaire de 55 milliards de dollars, selon le Flow Show de BofA. -
BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
Les administrateurs du British Coal Staff Superannuation Scheme (BCSSS) ont choisi BlackRock pour assurer la gestion fiduciaire du régime de retraite du charbon britannique.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger -
TribuneLes matériaux critiques sont-ils le nouveau visage du progrès ? - par Valérie Mignon
Derrière la promesse verte, la transition énergétique creuse une nouvelle dépendance stratégique à des matériaux critiques concentrés en Chine, posant un défi géopolitique et écologique majeur