Le projet américain de contrôle fiscal inquiète les banques
Peu connu du grand public, le projet de loi américain Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act) n’en inquiète pas moins les banques et les gérants ayant des relations avec des clients d’outre-Atlantique. Le texte vise à lutter contre l’évasion fiscale qui, selon le Congrès, ferait perdre 100 milliards de dollars au pays.
Son principe est de faire reposer l’obligation de transparence et une partie de la responsabilité dans la lutte contre la fraude sur les acteurs privés, quels que soient leur nationalité et le pays où ils exercent leurs activité, en contrepartie de leur accès au marché américain. Les institutions étrangères (FFI) devront signer un accord avec l’administration fiscale (IRS), qui les obligeant à déclarer tous les ans les mouvements financiers des ressortissants et entreprises américains qu’elles servent.
En outre, les FFI devront accepter de subir un audit tous les trois ans.
En l’absence de signature de l’accord, «toutes les transactions en provenance ou en direction des Etats-Unis subiront automatiquement un prélèvement à la source de 30%», indique Catherine Peyratout, responsable de la fiscalité chez Société Générale Securities Services (SGSS), qui organisait hier une table ronde sur le sujet.
Le législateur raisonne en «compte américain», qui désigne tous les comptes supérieurs à 50.000 dollars de personnes physiques résidentes ou citoyennes, comme de toute entité dont un résident/citoyen américain détiendrait plus de 10%. Un travail fastidieux, qui «oblige à rechercher les seuils de détention de l’ensemble des sociétés clientes», souligne Catherine Peyratout. En outre, la notion de FFI est très large: elle comprend les prestataires de services financiers, les fonds d’investissement, les sociétés de gestion et, bien entendu, les banques.
Le projet de loi n’est pas encore définitif. Suite au lobbying intense des financiers européens, ainsi que de l’Union européenne, les délais d’application ont été assouplis: la mise en place s'étalera de juillet 2013 à janvier 2015 au lieu du 1er janvier 2013.
Mais la position américaine pourrait se durcir ailleurs. «Le législateur réfléchit à l’obligation de clore les comptes des clients qui refuseraient d’être dévoilés», indique Catherine Peyratout. Outre son coût (évalué entre 20 et 50 dollars par compte), le Fatca pose un problème de compatibilité avec les conventions fiscales.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre