Le Portugal prépare un système de défaisance pour ses banques
Objet d’une inquiétude récurrente, le Portugal veut rassurer. Le ministre des Finances Mario Centeno a annoncé que le gouvernement cherchait à résoudre le problème des créances douteuses qui menace le secteur bancaire. «Nous préparons un dispositif législatif qui permettra aux banques de tirer davantage parti de la restructuration de leurs créances. Les établissements pourront plus facilement vendre les actifs, ce qui augmentera également leur valeur», a indiqué Mario Centeno dans un entretien réalisé vendredi à Washington avec Bloomberg.
Lisbonne veut aussi sortir ces créances des bilans des banques. «Nous travaillons à l’élaboration d’une solution qui, bien sûr, n’entrerait pas dans le cadre d’une aide d’Etat. Le véhicule devra être contrôlé en proportion importante par les banques et le secteur privé», précise-t-il. Le gouvernement va donc entamer des discussions avec Bruxelles ce mois-ci.
Selon la Banque centrale portugaise, la proportion de créances douteuses dépasse les 10%. Le 3 octobre, son gouverneur Carlos Costa avait sonné l’alarme : «Les banques doivent faire face à des prêts en souffrance, un problème dont la résolution sera consommatrice en capital. Les banques doivent de toute urgence augmenter leur capital», avait-il alerté, tout en soulignant que la stabilité des dépôts était un gage de confiance dans le système bancaire.
Les travaux pourraient être facilités par une éclaircie sur la solvabilité du Portugal : Mario Centeno a envoyé des signes positifs concernant la note de crédit du pays (BBB), suite aux discussions menées le jour même avec DBRS – la dernière des quatre agences reconnues par la BCE à noter la dette portugaise en catégorie «investissement» et qui statuera à nouveau le 21 octobre.
Unedégradation ferait perdre l'éligibilité de la dette aux opérations de repo de la BCE, donc à son programme de rachats d’actifs. «Dans cette hypothèse, le Portugal s’orienterait vers un nouveau sauvetage. En conséquence, les banques portugaises devraient avoir recours aux lignes de liquidité d’urgence (ELA)» de la BCE, indique la Société Générale, pour qui ce n’est toutefois pas le scénario le plus probable. «Ils [DBRS] sont très confiants dans notre situation fiscale, qualifiée de ‘très solide’. Nous nous attendons à ce qu’ils ne modifient ni notre perspective, ni notre note», a déclaré le ministre. Hier, les obligations d’Etat à 10 ans ont affiché la plus forte progression depuis le 28 juin : leur rendement tombait de 14 points (à 3,44%) à la clôture de Londres.
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