Le poids de Groupama dans la galaxie Premafin pourrait évoluer
En restant à l'écart du projet d’augmentation de capital du troisième assureur italien Fondiaria, Groupama risque de voir évoluer son poids au sein de la galaxie Premafin. Alors que l’assureur français va prendre une participation de quelque 17% dans Premafin, holding de la famille Ligresti contrôlant Fondiaria, il pourrait en effet être indirectement dilué au capital de la filiale.
En vue de renforcer ses fonds propres, Fondiaria entend procéder à une augmentation de capital d’un montant pouvant aller jusqu’à 460 millions d’euros. Premafin s’est engagé à souscrire à l’opération à hauteur d’au moins 100 millions d’euros.
Mais alors que la holding de tête détient quelque 37,6 % de Fondiara (sans prendre en compte les participations des autres filiales du groupe), elle devrait souscrire un minimum de 173 millions d’euros pour éviter une dilution indirecte de ses propres actionnaires, parmi lesquels Groupama. En revanche, si Premafin s’en tient au seuil de 100 millions, la part indirecte de Groupama dans Fondiaria pourrait chuter de 6,42% à 5,5%. L’augmentation de capital de Fondiaria devrait intervenir d’ici à la fin du premier semestre 2011 et sera garantie par Credit Suisse.
Premafin a parallèlement confirmé son propre projet d’augmentation de capital de 225,7 millions d’euros, également garanti par Credit Suisse, tout en en modifiant les termes afin de «finaliser l’opération sur une plus courte période».
Face à «l’instabilité des marchés», le prix unitaire, qui avait été fixé à 1,1 euro en novembre, devrait être abaissé. De fait, Premafin ne cotait plus que 0,83 euro hier. «Le prix de souscription sera basé sur les conditions de marché au moment de l’offre», a indiqué Premafin dans un communiqué publié lundi soir. Mais en dépit de la révision à venir du prix, il est toujours prévu que Groupama investisse 145,7 millions d’euros (entre droits de souscription et actions) pour prendre 17,1% du capital.
La holding de tête a précisé que l’entrée au capital de Groupama, dans le cadre de cette opération, était «soumise à la condition que Groupama n’ait pas à lancer d’offre sur les actions Premafin, Fondiaria-Sai ou Milano Assicurazioni». Néanmoins, selon plusieurs analystes, l’autorité de marché italienne pourrait estimer que l’assureur et la famille Ligresti agissent de concert dans Premafin, ce qui déclencherait alors une offre obligatoire sur le solde du capital.
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse