Le plan grec devrait coûter 2,4 milliards d’euros aux banques françaises
Vendredi, les marchés attendaient encore de nombreux détails techniques sur la participation des créanciers privés au deuxième plan d’aide à la Grèce. Mais les quatre options présentées par l’IIF, le lobby du secteur financier, qui font toutes ressortir une perte de 21% sur la valeur actuelle nette des obligations grecques, permettent d’apprécier le coût de la restructuration pour le secteur financier.
L’exposition brute à la dette grecque des 90 banques européennes ayant passé les tests de résistance atteignait 98,2 milliards d’euros à fin 2010. Les banques grecques en portaient à elles seules 66 milliards, ce qui, en provisionnant une décote de 21%, amène la facture au-delà des 12 milliards d’euros. D’où la recapitalisation du secteur bancaire grec, prévue jusqu’à 20 milliards d’euros dans le deuxième plan d’aide.
Restent 32 milliards d’exposition brute aux mains des grandes banques européennes non résidentes. Une décote de 21% équivaut donc à un coût de 6,7 milliards avant protections éventuelles. La facture était jugée vendredi relativement modeste par la plupart des analystes, compte tenu de la situation de la Grèce et des décotes de 50% auxquelles la dette se traite sur les marchés.
On connaît déjà les établissements les plus exposés. En net, BNP Paribas détient 5 milliards d’emprunts grecs, dont 4,5 milliards logés dans son portefeuille bancaire, soit des provisions à passer de 950 millions sur le banking book. La Société Générale (2,7 milliards) peut aussi s’attendre à des provisions oscillant entre 500 et 700 millions, contre 260 millions environ pour BPCE. En comptant les expositions de la Banque Postale (1 milliard), du Crédit Mutuel (600 millions), et du Crédit Agricole (655 millions) l’ardoise pour le secteur français avoisinerait les 2,4 milliards d’euros.
Dexia (3,5 milliards) et Commerzbank (3 milliards) sont aussi très exposées. Tout comme la banque chypriote Marfin (3,4 milliards), qui aura besoin d’une recapitalisation, sans doute publique.
Toutes les grandes banques de l’Hexagone participeront au plan de soutien à la Grèce, a annoncé vendredi la Fédération bancaire française. L’IIF a publié le 21 juillet une première liste des soutiens privés au plan, où l’on trouve des banques comme BBVA, BayernLB, Credit Suisse, Intesa, HSBC, ING, et des assureurs tels qu’Allianz, Axa, Generali, Munich Re, Swiss Re ou Zurich Financial.
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