Le plan de recapitalisation de Commerzbank ne lève pas tous les doutes
Martin Blessing persiste et signe. En dépit d’une perte de 3,9 milliards d’euros sur ses actifs à risques l’an dernier, dont plus de deux milliards sur les obligations grecques, le patron de Commerzbank veut toujours se passer de l’aide de l’Etat allemand pour combler les besoins en capitaux dont son établissement a besoin d’ici à juin. Pour y parvenir la banque a créé la surprise hier en annonçant une augmentation de ses fonds propres par une conversion de ses capitaux hybrides en actions pour un volume d’un milliard d’euros.
Ainsi, sur les 5,3 milliards d’euros dont Commerzbank a besoin pour se conformer aux exigences de l’Autorité bancaire européenne (EBA), il lui reste désormais à trouver 1,8 milliard. Cet argent doit provenir à la fois d’une réduction des actifs ainsi que d’un bénéfice de 1,2 milliard d’euros qu’elle compte réaliser au cours de la première moitié de l’année. «Parce que nous sommes aujourd’hui une banque beaucoup plus stable qu’en 2008, je suis confiant dans le fait de répondre aux exigences de l’EBA sans faire appel à l’Etat», a estimé Martin Blessing.
Selon son directeur financier, Eric Strutz, le démarrage de la nouvelle année n’a pas été brillant. L’objectif initial d’un résultat avant impôts de 4 milliards d’euros en 2012 est abandonné. Selon Eric Strutz, il sera «difficile de dégager des bénéfices substantiels au cours du second semestre parce que la crise de la dette souveraine entraîne un ralentissement de l’activité économique imprévisible». Le but d’un résultat opérationnel de quatre milliards d’euros est désormais reporté à 2015. «Autant dire qu’il s’agit d’un report aux calendes grecques», estiment les analystes.
L’an dernier Commerzbank a subi une chute de son bénéfice opérationnel à 507 millions d’euros. Si le résultat net ressort à 638 millions c’est grâce à un gain exceptionnel de 735 millions d’euros tirés du rachat de ses obligations hybrides. Toutefois, dans sa principale activité, le financement des entreprises, la banque a dégagé l’an dernier un résultat opérationnel de 1,5 milliard d’euros. A cela s’ajoutent 375 millions provenant de sa banque de réseau. «2011 a été caractérisé par six premiers mois pleins de succès et des conditions difficiles au cours de la seconde partie de l’année», a expliqué son président. Reste que si la banque a réduit de trois quarts la valeur comptable de ses titres grecs, ses actifs à risque restants s’élèvent toujours à 12,3 milliards d’euros.
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