Le médiateur de l’assurance alerte sur une hausse des réclamations
Les prévisions du médiateur de l’assurance se sont révélées exactes. Le nombre de saisines reçues en 2021 a continué de croître. Sur l’année, la médiation de l’assurance en a réceptionné 19.684, soit une progression de 13% sur un an et d’un tiers par rapport à 2019. En cause, les saisines par Internet, qui ont doublé en deux ans et qui représentent désormais 42% des demandes reçues. Mais pas seulement. La loi de modernisation de la justice, appliquée dès 2019, a redirigé les litiges inférieurs à 5.000 euros vers une médiation avant qu’ils ne se retrouvent en justice. Le médiateur se tient également à la disposition des litiges relatifs aux assurances professionnelles qui ont fait grand bruit durant la crise sanitaire. C’était l’une des raisons pour laquelle il anticipait une hausse des saisines en 2021. Ces derniers ont finalement représenté moins de 5% du total des dossiers sur l’année.
Le rythme ne devrait pour autant pas ralentir. Les travaux menés par le Comité consultatif du secteur financier ont abouti à une évolution de la réglementation. Il en découle une recommandation de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) permettant au consommateur resté sans réponse du professionnel de saisir le médiateur deux mois après l’envoi de la première manifestation. La réforme entrera en vigueur dès le 31 décembre 2022.
«Changement de philosophie profond»
Le médiateur parle d’un «changement de philosophie profond». Dès lors qu’un professionnel ne respectera pas ce délai de réponse fixé à deux mois, le médiateur se retrouvera dans l’obligation d’accepter la saisine du consommateur. «Cette réforme va coûter (aux assureurs). Puisque le délai de deux mois n’est aujourd’hui pas respecté par une majorité d’entre eux, la solution serait d’investir en interne au sein du service réclamation, sinon il va falloir investir dans la médiation, parce que nous allons être débordés», argumente Arnaud Chneiweiss, médiateur de l’assurance.
En 2021, le budget de la médiation de l’assurance s’est élevé à 6,5 millions d’euros. Basé sur un principe de «pollueur/payeur», il a été financé à 77% par quinze assureurs. Covéa en est le premier contributeur. Le groupe d’assurance mutualiste représentait 9,5% des saisines à fin 2021 et il a donc participé à hauteur de 9,5% du budget du médiateur. Il est suivi d’Axa à 9,4% et de Groupama dont la participation s’est établie à 7,3%.
En 2021, le nombre de saisines jugées comme recevables par le médiateur a augmenté de 19% en un an, pour atteindre 6.290, contre 5.271 en 2020. Les litiges relatifs aux assurances de biens et responsabilité représentent 59% des saisines. Les assurances prévoyance et assurance vie représentent respectivement 33% et 8% des dossiers reçus. Le médiateur constate néanmoins une croissance du nombre de procédures résolues par un règlement amiable : 1.299 litiges ont été résolus de cette manière, contre 702 un an auparavant. Au total, la médiation de l’assurance a formulé 3.977 propositions de solution en 2021, soit une augmentation de 10% par rapport à 2020.
«On voit ainsi que le simple fait de saisir la médiation de l’assurance a parfois le mérite de provoquer un réexamen immédiat par le service réclamations de l’assureur qui corrige une appréciation précédente», explique le rapport de la médiation.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché de la réassurance cherche la bonne formule face aux enjeux liés à l’IA
Les réassureurs mondiaux oscillent entre excitation et appréhension face aux nombreux défis que représente l’IA, tant en termes de potentiel de marché que d’agent de transformation pour leurs modèles économiques. Aux derniers Rendez-vous de Septembre, le sujet était sur toutes les lèvres. -
Malakoff Humanis détaille son plan d'action face à l'enquête du PNF
Le groupe mutualiste précise les mesures prises face à une enquête du parquet national financier pour corruption, portant sur la rémunération d'intermédiaires par plusieurs de ses gérants partenaires. -
UniCredit obtient le feu vert de la BCE sur le compromis danois
La banque italienne pourra pondérer par les risques ses participations dans l'assurance plutôt que les déduire intégralement de ses fonds propres, avec un gain attendu sur son ratio de solvabilité.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi les Emirats arabes unis injectent 40 milliards d'euros en Allemagne
Lors de sa visite à Berlin, le dirigeant émirati a scellé vingt-neuf accords portant sur des data centers et la défense. Une façon de renforcer ses débouchés à l'étranger alors que la guerre en Iran se poursuit -
« Edouard le flemmard » : la polémique dont Edouard Philippe se serait bien passé
Le Rassemblement national a accusé jeudi l’ex-Premier ministre de vouloir se reposer trois mois avant d’entrer en fonctions s’il venait à remporter l’élection présidentielle. -
Seine colèreHindous à la Tour Eiffel : quand LFI redécouvre la laïcité pure et dure
Les représentants de la France insoumise, n'avaient pas de mots assez durs pour dénoncer cette atteinte à l’égalité homme-femme. Mais quand les mêmes principes sont bafoués avec un voile ou une abaya, les réflexes sont plutôt à l’indulgence et à la complaisance.