Le marché salue la performance trimestrielle de BNP Paribas
BNP Paribas ne connaît manifestement pas les déboires qu’UBS a sur les produits de taux. L’établissement français a bénéficié de l’embellie des marchés au troisième trimestre: ses revenus dans le fixed income ont progressé de 38% sur un an (à 1,13 milliard d’euros). «Toutes les grandes entreprises ont profité des conditions de financement avantageuses sur les marchés. A cette occasion, BNP Paribas les a très souvent accompagnées», explique à L’Agefi Jean-Laurent Bonnafé, directeur général du groupe.
Cette tendance est aussi, pour le dirigeant, la première manifestation du basculement d’un modèle bancaire classique vers un modèle de financement par le marché (originate to distribute). En corollaire, le revenu des métiers de financement (corporate banking) recule de 22% à 805 millions d’euros.
BNP Paribas a également profité du rebond des marchés actions. Comparé à un été 2011 moribond, les revenus des métiers actions et conseil ont crû de 51%, à 444 millions d’euros. La BFI affiche au total un revenu en hausse de 33% (à 2,38 milliards) et un bénéfice imposable en progression de 7,3%, à 732 millions.
A l’instar de ses rivales, la banque de détail en France montre des signes de faiblesse: son PNB recule de 2,1% (à 1,7 milliard). Elle «est fortement marquée par le scénario de la courbe des taux. Son aplatissement pèse sur les revenus à court terme», explique Jean-Laurent Bonnafé. Les revenus d’intérêt (-3,4%) souffrent aussi de la faible demande de crédits. Le groupe limite toutefois les dégâts en agissant sur les frais de gestion et le coût du risque. En outre, BNL en Italie et surtout BNP Paribas Fortis, en Belgique, se sont mieux tenus. La réduction des coûts devrait se poursuivre dans les mois à venir sur l’ensemble des réseaux.
En résumé, les pôles de BNP Paribas ont dépassé le consensus des estimations des analystes. Le groupe affiche un PNB de 9,7 milliards (-3,4%) et un résultat net de 1,32 milliard (x2,5). Enfin, la banque a bouclé avec trois mois d’avance son plan d’adaptation lancé il y a un an. Elle a accru son excédent de ressources à moyen-long terme de 19 milliards d’euros par rapport au deuxième trimestre (à 71 milliards). Concernant la solvabilité, son ratio de common equity tier one sous Bâle 3 atteint 9,5% fin septembre, soit 0,5 point au-delà du minimum requis pour 2019. Le marché a salué ces comptes: le cours a progressé de 1% (à 39,5 euros), après s’être adjugé 5,4% en séance.
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