Le marché est prêt à soutenir les augmentations de capital des banques
Barclays sera-t-elle la prochaine banque européenne à lancer une augmentation de capital ? Le groupe écarte régulièrement cette option, comme Deutsche Bank l’avait fait auparavant pour mieux se renier fin avril en menant une recapitalisation accélérée de 2,9 milliards d’euros. Barclays a des raisons de vouloir attendre. Son ratio de solvabilité en normes Bâle 3 atteint 8,4% à fin mars, sa tutelle ne lui met pas de pression, et son action vaut à peine 0,7 fois l’actif net estimé en 2014. Mais elle pourrait se montrer sensible à un argument nouveau: le marché actions est prêt à récompenser ce type d’opérations.
Commerzbank, dont l’action a perdu hier 5,87% après l’annonce des détails de l’augmentation de capital du groupe, relève plus de l’exception que de la règle. La banque allemande offre peu de perspectives de croissance et va quasiment doubler ses titres en circulation. En revanche, Credit Suisse et Deutsche Bank ont bénéficié de leur appel au marché.
La banque suisse avait annoncé le 18 juillet 2012 un plan pour muscler son capital de 15,3 milliards de francs (12,7 milliards d’euros), dont 8,7 milliards le jour même à travers plusieurs transactions portant sur des instruments hybrides. Depuis, l’action Credit Suisse gagne 26 points de plus que l’indice Stoxx Europe 600 des banques, alors qu’elle était à la traîne du secteur au premier semestre 2012. Deutsche Bank, qui a annoncé le 29 avril une augmentation de capital accélérée, réalisée le lendemain au-delà de ses espérances, affiche un écart de performance de 4 points par rapport à l’indice sectoriel.
«Deutsche Bank, sans conteste le principal concurrent de Barclays dans la BFI et le substitut le plus évident pour de nombreux investisseurs, a laissé derrière elle les craintes sur son capital et a changé les positions relatives entre les deux groupes», soulignent les analystes d’Exane dans une note publiée hier. Or, la banque britannique est confrontée aux mêmes défis que sa concurrente allemande: inspirer confiance à ses contreparties dans les activités de marché, et muscler les fonds propres de ses activités aux Etats-Unis, où le durcissement des règles applicables aux banques étrangères pourrait lui coûter 5 milliards de dollars, selon Exane. Si l’avance boursière de Barclays sur Deutsche Bank (+45 points de performance sur un an) venait à fondre, les dirigeants du groupe pourraient reconsidérer leur position.
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