Le marché attend des banques françaises la poursuite de leur adaptation
Le premier trimestre en Bourse a été difficile pour les banques européennes, en particulier françaises. Entre leur plus haut depuis le début de l’année, atteint le 28 janvier, et la fin du mois de mars, la Société Générale, Crédit Agricole SA (CASA) et BNP Paribas, la première à publier le 3 mai, ont respectivement reculé de 24,7%, 17,6% et 16%. Le cours de Natixis, la filiale cotée de BPCE, a chuté de 15% depuis son sommet datant du 18 février. Les établissement français ont été victimes du retour du risque systémique pesant sur la zone euro au cours du trimestre, incarné cette fois par la crise bancaire chypriote et la crise politique italienne.
Le consensus Bloomberg attend 1,54 milliard d’euros de bénéfice net pour BNP Paribas, 567 millions d’euros pour CASA, 594 millions pour la Société Générale et 216 millions pour Natixis. «Nous sommes prudents sur les activités de banques de financement et d’investissement (BFI): il est devenu très difficile d’avoir une vision claire sur leurs revenus. Ils devraient être inférieurs de 9 à 10% en moyenne au premier trimestre en raison du faible volume d’émissions et des perturbations sur les marchés engendrées par la crise chypriote. En outre, le premier trimestre 2012 avait été très solide, ce qui crée un effet de base défavorable», indique Alex Koagne, analyste chez Natixis. Il considère toutefois que les banques françaises sont néanmoins sous-valorisées, étant donné les signaux positifs lancés récemment par la BCE (éventualité de baisse des taux).
Le contexte européen, qu’il soit macroéconomique ou politique, laisse également supposer une hausse du coût du risque, en particulier dans les activités de banque commerciale avec les entreprises, la banque de détail en Italie (sujet particulièrement important pour CASA et BNP Paribas), mais aussi dans d’autres réseaux internationaux, en Roumanie et en Russie pour la Société Générale par exemple. Frédéric Oudéa, le PDG de cette dernière, avait insisté fin 2012 sur l’importance de prouver le potentiel de rentabilité et de croissance des réseaux internationaux d’ici à la fin 2013.
«Avec des revenus sous pression, les banques sont attendues sur les détails et les progrès de leurs plans d’économies», soulignent les analystes de Citi. Ces plans ont jusqu’à présent été jugés timides – notamment celui de la Société Générale, mentionne Citi.
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