Le litige libyen entaille les résultats de la Société Générale
Les résultats de la Société Générale ont fortement baissé au deuxième trimestre 2017, pénalisés par le règlement à l’amiable du litige avec le fonds souverain libyen (LIA) et par une base de comparaison défavorable avec l’année dernière, du fait de la plus-value exceptionnelle dégagée grâce à la vente des titres Visa. Le bénéfice net chute de 27,6% à 1,058 milliard d’euros au deuxième trimestre, en ligne avec le consensus (1,062 milliard). Retraités des éléments exceptionnels, «le groupe Société Générale réalise une bonne performance sur l’ensemble de ses métiers», estime la banque, se félicitant notamment de la progression de 11% du résultat sous-jacent, qui atteint 1,165 milliard d’euros.
Les revenus de la banque sur les trois mois à fin juin accusent un repli de 25,6% à 5,199 milliards d’euros. «Le produit net bancaire intègre l’impact de l’accord transactionnel avec la LIA pour 963 millions d’euros au deuxième trimestre 2017 et l’impact de la cession des titres Visa pour 725 millions d’euros au deuxième trimestre 2016», souligne la Société Générale dans un communiqué. La banque, qui doit encore solder son contentieux avec les autorités américaines sur des violations d’embargo, a passé une dotation additionnelle de 300 millions d’euros, qui porte le montant total de sa provision pour litiges à 1,9 milliard d’euros. «Nous voulons tourner la page», des contentieux du passé, a déclaré dans un entretien publié sur le site internet de la banque son directeur général Frédéric Oudéa. Celui-ci dit vouloir profiter de l’amélioration de la conjoncture économique pour aller de l’avant et préparer le plan stratégique qui sera présenté fin novembre, après la mise en place d’une nouvelle organisation de la gouvernance opérationnelle.
Le résultat net de la division Banque de détail et services financiers internationaux, où sont logées notamment des banques en Europe de l’Est et en Afrique mais aussi des activités d’assurances et la filiale cotée de gestion de flottes automobiles ALD, a progressé de 30,3% à 568 millions d’euros. En revanche, celui de la banque de détail en France a souffert de la persistance de taux d’intérêt historiquement bas, enregistrant pour le deuxième trimestre une baisse de 10,9% à 359 millions d’euros. Certaines activités de marchés de la Société Générale ont marqué le pas. Alors que BNP Paribas et Natixis ont vu les revenus liés aux produits actions et dérivés bondir de 25% et de 33% respectivement, la banque au logo rouge et noir est en recul de 3,3%. La banque fait néanmoins mieux que BNP Paribas dans les activités de taux, crédit, changes et matières premières avec une baisse de 6,8% contre un recul de 15,9% pour sa grande rivale. Au total, la division activités de marché et services aux investisseurs, qui comprend aussi de la gestion d’actifs ou des métiers de conseil, dégage une contribution au résultat net de 499 millions d’euros, en hausse de 11,4%.
Après la publication de ces résultats, le cours de l’action de la Société Générale perdait 3,10% à 48,6 euros à 9h10.
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