Le groupe Crédit Mutuel renforce ses dépôts et sa banque à distance

Affecté par les dépréciations des titres grecs détenus par le CIC, le mutualiste avance ses pions sur le marché français
Antoine Landrot

Après la publication des comptes en baisse de CM10-CIC (pôle réunissant dix fédérations du Crédit Mutuel sur dix-huit) et de ceux en hausse d’Arkéa (trois fédérations), les résultats 2011 du groupe Crédit Mutuel dans son ensemble (qui inclut Nord Europe) donnent l’idée de ce que pèse le premier vis-à-vis des autres: son produit net bancaire a reculé de 5% à 13,95 milliards d’euros et le résultat net part du groupe a chuté de 27% à 2,11 milliards.

La dépréciation de 406 millions sur les titres grecs, passée essentiellement dans les comptes du CIC, a en effet provoqué une flambée du coût du risque (+5,1% à 1,66 milliard). Sans cette charge, il aurait reculé de 27%. Le provisionnement coûte 359 millions de résultat net.

Abstraction faite des rivalités entre CM10-CIC et Arkéa, le mutualiste affiche sa force commerciale. Il cumule 584,3 milliards d’euros d’épargne (+1,5%). A l’instar de ses rivaux, il a, pour des raisons prudentielles liées aux règles de Bâle 3, privilégié l’épargne de bilan au détriment de l’épargne financière. La première a progressé de 10,1% (à 251 milliards d’euros), alors que l’épargne financière assurance a stagné (+2% à 96 milliards) et l’épargne financière bancaire a reculé de 6,4% (à 235 milliards).

Autre signe de prudence, le groupe a rééquilibré les encours en faveur des dépôts. Ceux-ci ont en effet progressé deux fois plus que celui de crédits (+10% à 251 milliards, contre +4,7% à 338 milliards). Ses parts de marché en France n’ont cessé d’augmenter depuis 2007: +0,2 point dans les crédits (à 17,1%) et surtout +2,4 points dans les dépôts (à 14,8%).

Le multicanal est l’axe stratégique majeur du groupe. Il revendique 492 millions de connexions internet en 2011 (+4,7%); le nombre de connexions via les applications smartphone a sextuplé, à 68 millions.

Par ailleurs, le Crédit Mutuel n’exclut pas de vendre ses participations en Tunisie: via la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (groupe CM10-CIC), il détient notamment 20% de la Banque de Tunisie. «Le contexte économique n’est pas favorable. Nous prendrons une décision avant la fin de l’année», indique Michel Lucas. En cas de cession, «nous réaliserions des plus-values, puisqu’il s’agit de participations héritées de l’acquisition du CIC» en 1998. En revanche, les participations détenues au Maroc ne sont pas en cause: le CM-CIC y ayant transplanté son informatique, elles sont autant de têtes de pont vers l’Afrique subsaharienne.

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