Le groupe Crédit Mutuel renforce ses dépôts et sa banque à distance
Après la publication des comptes en baisse de CM10-CIC (pôle réunissant dix fédérations du Crédit Mutuel sur dix-huit) et de ceux en hausse d’Arkéa (trois fédérations), les résultats 2011 du groupe Crédit Mutuel dans son ensemble (qui inclut Nord Europe) donnent l’idée de ce que pèse le premier vis-à-vis des autres: son produit net bancaire a reculé de 5% à 13,95 milliards d’euros et le résultat net part du groupe a chuté de 27% à 2,11 milliards.
La dépréciation de 406 millions sur les titres grecs, passée essentiellement dans les comptes du CIC, a en effet provoqué une flambée du coût du risque (+5,1% à 1,66 milliard). Sans cette charge, il aurait reculé de 27%. Le provisionnement coûte 359 millions de résultat net.
Abstraction faite des rivalités entre CM10-CIC et Arkéa, le mutualiste affiche sa force commerciale. Il cumule 584,3 milliards d’euros d’épargne (+1,5%). A l’instar de ses rivaux, il a, pour des raisons prudentielles liées aux règles de Bâle 3, privilégié l’épargne de bilan au détriment de l’épargne financière. La première a progressé de 10,1% (à 251 milliards d’euros), alors que l’épargne financière assurance a stagné (+2% à 96 milliards) et l’épargne financière bancaire a reculé de 6,4% (à 235 milliards).
Autre signe de prudence, le groupe a rééquilibré les encours en faveur des dépôts. Ceux-ci ont en effet progressé deux fois plus que celui de crédits (+10% à 251 milliards, contre +4,7% à 338 milliards). Ses parts de marché en France n’ont cessé d’augmenter depuis 2007: +0,2 point dans les crédits (à 17,1%) et surtout +2,4 points dans les dépôts (à 14,8%).
Le multicanal est l’axe stratégique majeur du groupe. Il revendique 492 millions de connexions internet en 2011 (+4,7%); le nombre de connexions via les applications smartphone a sextuplé, à 68 millions.
Par ailleurs, le Crédit Mutuel n’exclut pas de vendre ses participations en Tunisie: via la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (groupe CM10-CIC), il détient notamment 20% de la Banque de Tunisie. «Le contexte économique n’est pas favorable. Nous prendrons une décision avant la fin de l’année», indique Michel Lucas. En cas de cession, «nous réaliserions des plus-values, puisqu’il s’agit de participations héritées de l’acquisition du CIC» en 1998. En revanche, les participations détenues au Maroc ne sont pas en cause: le CM-CIC y ayant transplanté son informatique, elles sont autant de têtes de pont vers l’Afrique subsaharienne.
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