Le gouvernement britannique veut s’attaquer aux bonus bancaires «inacceptables»
Londres maintient la pression sur les bonus de la City. «Nous avons besoin de banques plus solides cet hiver, pas de bonus plus élevés», a déclaré hier le chancelier de l’Echiquier britannique devant les parlementaires de la Chambre des communes. Signe de cette vigilance à l’approche de la traditionnelle saison des bonus, le Trésor britannique a lancé hier une consultation sur des annonces promises lors de la signature du «projet Merlin» en février dernier.
Au cœur de ces propositions figure l’obligation pour les plus grands établissements bancaires de faire publicité, à compter de 2012, de la rémunération allouée à huit de leurs principaux cadres (hors membres du conseil d’administration). Seules les banques disposant de plus de 50 milliards de livres d’actifs seront concernées par cette mesure, y compris les structures britanniques de groupes étrangers.
Selon les dernières données disponibles, leur nombre s'élèverait à quinze. La publication du nom et du titre de chaque bénéficiaire ne sera pas rendue obligatoire mais les éléments de rémunération devront être détaillés (répartition entre rémunération fixe, variable ou différée, ainsi que l’ensemble des avantages annexes).
«Nous voulons que les actionnaires tiennent les banques pour responsables de la structure de leurs bonus, c’est pourquoi nous prenons des mesures pour rendre la rémunération des cadres de haut niveau plus transparente», a justifié Mark Hoban, le secrétaire d’Etat aux Finances. Pour le Trésor, cette consultation, qui prendra fin le 14 février, vise à s’attaquer aux bonus bancaires «inacceptables».
Cette demande de transparence accrue est intervenue le jour où l’Association des assureurs britanniques (ABI) s’est élevée, dans une lettre rendue publique, contre les pratiques salariales au sein des cinq principales banques du pays (HSBC, Barclays, Standard Chartered, Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland). «Nous souhaitons voir une diminution significative des bonus et gratifications accordés à titre individuel», avance le directeur général de l’association, Otto Thoresen. «Très peu de banques recrutent et la plupart réduisent même leurs effectifs», ajoute l’organisme, qui estime que «cette année est la bonne pour effectuer des changements».
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