Le gouvernement allemand hésite à mettre en place une loi anti-OPA
La volonté de préserver le savoir-faire technologique allemand doit-elle aboutir à l’élaboration d’une loi visant à préserver certaines entreprises d’acquisitions étrangères malvenues ? Berlin n’a manifestement pas encore définitivement tranché cette question. Le débat a pris de l’ampleur outre-Rhin depuis la mi-mai, suite à la volonté du groupe électroménager chinois Midea de prendre une participation significative au capital du fabricant de robot industriel Kuka.
Le gouvernement allemand réfléchit aux mesures qui seraient les plus efficaces pour protéger certains secteurs, ce qui pourrait conduire à modifier la législation existante sur le commerce extérieur et les paiements, rapportait dans son édition de vendredi le Handelsblatt en se référant à des sources proches du ministère de l’Economie. «Lorsque le marché et la concurrence ne sont pas les principaux motifs de l’entrée d’un investisseur au capital d’une entreprise, l’Etat doit avoir un droit d’intervention», indiquaient ces sources.
Les acquéreurs étrangers visés seraient certains fonds souverains, mais également des entreprises bénéficiant de soutiens publics importants de leur pays. «Il n’y aura pas de loi spécifique destinée à Kuka», a néanmoins déclaré vendredi une porte-parole du ministère de l’Economie, sans commenter davantage les informations du quotidien allemand.
Ces réflexions gouvernementales se poursuivent alors que Midea a officiellement lancé jeudi son offre à 115 euros par action sur Kuka, en promettant d’aider le fabricant allemand à dépasser son objectif de ventes à 5 ans, soit 4,5 milliards d’euros, grâce à un accès élargi au marché chinois et à une diversification vers le marché de la robotique grand public. Le groupe chinois a réitéré sa volonté de prendre une participation minimale de 30% au capital de sa cible valorisée 4,6 milliards d’euros, mais sans retirer le titre de la cote. Il prévoit en outre un financement bancaire de plus de 4 milliards d’euros, selon Bloomberg.
Kuka, qui dispose de 14 jours pour donner sa réponse, fera connaître son opinion à ses actionnaires après avoir étudié la proposition du groupe chinois. «Les chances de succès de l’offre semblent assez élevées», selon les analystes de Commerzbank qui jugent «improbable» l’intervention d’un chevalier blanc.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Le Japon doit gérer une relance économique sous contrainte démographique
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre. -
L'Efama juge que les futures règles anti-blanchiment menacent la distribution de fonds européens
L’autorité de la lutte contre le blanchiment d’argent (Amla) vient de clôturer sa consultation publique sur le projet de standards techniques réglementaires européens (RTS) sur les obligations en matière de due diligence sur la clientèle.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ». -
La fabrique de l'OpinionBertrand Martinot : « Le fardeau des retraites devra être partagé équitablement entre les générations. Tout le monde devra contribuer à l’effort »
« Nous serons obligés de décaler l'âge de départ, tout le monde le sait ! La question, c'est la modalité : comment faire ? » -
Choix publicsLe romantisme épuisé de l’élection présidentielle
Aucun démocrate ne doit tolérer que les électeurs ne soient contraints à se prononcer que par défaut ou dépit