Le G20 en appelle à des politiques nationales ambitieuses de relance de la croissance
Le G20 entend bien accélérer la sortie de crise. Les principales puissances économiques mondiales ont ainsi affiché ce week-end à Sydney leur volonté de générer plus de 2.000 milliards de dollars (1.450 milliards d’euros) d’activité économique supplémentaires en cinq ans et de créer des dizaines de millions d’emplois. Le communiqué final de la réunion de deux jours des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 déclare que les pays du groupe vont adopter des mesures concrètes pour favoriser l’investissement et l’emploi. «Nous allons mettre en œuvre des politiques ambitieuses mais réalistes avec pour objectif d’augmenter notre PIB commun de plus de 2% sur les cinq prochaines années par rapport à la trajectoire associée aux politiques actuelles», stipule le communiqué.
Joe Hockey, ministre australien des Finances, a pour sa part déclaré que cette ambition ouvrait une nouvelle ère de coopération au sein du G20. «Nous nous fixons un chiffre pour la première fois», a-t-il souligné.
Le plan de soutien à la croissance s’inspire entre autres d’une étude du FMI préparée pour la réunion de Sydney, selon laquelle des réformes structurelles pourraient augmenter la croissance mondiale de 0,5 point par an sur les cinq prochaines années, augmentant ainsi l’activité économique globale de 2.250 milliards de dollars. Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,75% cette année et de 4,0% en 2015.
Le G20 ne s’est jusqu'à présent pas accordé sur les moyens permettant d’atteindre ses objectifs, ni sur les répercussions de son éventuelle incapacité à les atteindre. Désormais, les objectifs étant clairement définis, chaque pays va devoir élaborer un plan d’action et une stratégie de croissance qui seront débattus lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du groupe en novembre à Brisbane. Et le fait que le G20 se soit donné des objectifs communs et chiffrés constitue à lui seul une avancée, les pays du groupe n'étant pas parvenus dans le passé à s’accorder sur des objectifs en termes de déficit et de comptes courants. Le communiqué de Sydney marque dès lors une rupture avec les précédentes réunions, au cours desquelles était apparue une division nette entre les partisans de la croissance et ceux de l’austérité budgétaire.
Le G20 par ailleurs «regrette profondément» l’absence de toute avancée sur le renforcement de la présence des pays émergents au sein du FMI, auquel s’oppose le Congrès américain.
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