Le futur rachat d’actions d’ABN Amro est dans les mains de l’Etat néerlandais
ABN Amro veut « continuer à retourner du capital » à ses actionnaires, martèle la banque néerlandaise. Contrôlée par l’Etat néerlandais depuis son sauvetage en 2008, elle a créé la surprise ce 10 août en annonçant un nouveau programme de rachat d’actions de 250 millions d’euros, alors même qu’elle vient de boucler en avril dernier un programme de 500 millions d’euros portant sur 42,5 millions de titres.
Le flou persiste sur sa capacité à réaliser cette nouvelle opération. « Anticipant d’éventuelles futures cessions de titres de son actionnaire majoritaire, ABN Amro a sollicité l’approbation de la Banque centrale européenne (BCE)», explique la banque. Le rachat d’actions ne pourra avoir lieu qu’à une condition suspensive : si l’agence d’Etat qui contrôle ABN Amro, la Netherlands Financial Investments (NLFI), procède à une nouvelle cession de ses titres.
Le directeur général de la banque Robert Swaak a précisé aux analystes financiers qu’il s’agissait d’une « autorisation spécifique », tout en qualifiant le dialogue avec la BCE de « constructif ». Pour le reste, l’Etat néerlandais est seul décisionnaire. « Nous ignorons quelle forme prendra » la cession de ses titres, ajoute-t-il.
Depuis le retour en Bourse d’ABN Amro en 2015, les Pays-Bas ont réduit leur participation à 56%. Mais leurs intentions concernant sa reprivatisation ne sont pas claires. Il y a quelques semaines, des rumeurs sur un potentiel rachat par BNP Paribas ont agité le marché. En réalité, confie une source de marché à L’Agefi, la banque française aurait approché le gouvernement néerlandais pour le conseiller sur une éventuelle cession de titres. Le ministère néerlandais des Finances a d’ailleurs reconnu dans un communiqué qu’il avait demandé à la NFLI de se pencher « sur la poursuite de la vente d’actions d’ABN Amro ».
Un désengagement total de l’Etat n’est pas certain, les Pays-Bas pouvant privilégier une cession partielle comme ils l’ont fait depuis 2015. Leur dernière opération remonte à 2017 : ils avaient alors vendu 65 millions de certificats d’actions d’ABN Amro au prix de 23,50 euros, pour un produit de cession de 1,53 milliard d’euros. L’action ABN Amro s’échangeait ce mardi 10 août à 10,20 euros.
Une chose est certaine : l’Etat néerlandais, qui a injecté 28 milliards d’euros pour sauver la banque des affres de la crise financière, ne récupérera pas sa mise. La capitalisation boursière d’ABN Amro s’élève à dix milliards d’euros seulement.
Plus d'articles du même thème
-
La nouvelle génération de philanthropes fait de l’impact une priorité
Plus structurée, la philanthropie séduit une nouvelle génération en quête d’impact mesurable, révèle une étude de Lombard Odier. -
Zurich et Allianz cherchent à éviter d'être associés à la tourmente de Radiant
Les deux assureurs ont souscrit des polices couvrant les transactions du négociant en minerai de fer singapourien Radiant World, aujourd’hui accusé de fraude, mais estiment que leur exposition sera non significative. -
Franck Petitgas : « L'Europe est stratégique pour Blackstone »
Lors de l’Ipem, le vice chairman Europe de Blackstone a évoqué pour L'Agefi les ambitions du gérant américain sur le continent et livré sa vision du marché français.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Plus le choixBudget 2027 : 6 milliards d'économies sur les retraites, le prix d'un déficit contenu à 5 %
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a soumis des propositions à l'arbitrage du Premier ministre qui devrait trancher ce week-end. Pour contenir le déficit à 5 %, juste en dessous de 5,1 % atteint en 2025, il faut soit désindexer totalement les pensions, soit supprimer l'abattement de 10 % sur leur revenu dont bénéficient les retraités -
SouverainetéMarchés publics : « La préférence européenne est une expression taboue »
La réforme portée par Stéphane Séjourné apporte d'importantes avancées, estime l'économiste Sarah Guillou, qui identifie d'autres leviers à mobiliser pour améliorer la compétitivité de l'industrie européenne. -
Vers une razzia dans le sud ? Ces départements où le RN veut obtenir des sénateurs
Le Rassemblement national avance vers les élections sénatoriales du 26 septembre avec l’ambition d’obtenir 10 élus afin de créer un groupe à la Chambre haute.