Le FMI demande à l’Espagne d’approfondir la stratégie de réforme de son secteur financier
Au moment où l’Espagne inspire des craintes sur sa trajectoire budgétaire, avec à la clé une brusque remontée des coûts d’emprunt et un bond des créances douteuses (lire aussi page 10), le FMI vient de boucler à point nommé une mission d'évaluation du secteur financier espagnol. Dans ses conclusions préliminaires, la mission du Fonds salue les efforts entrepris par les autorités espagnoles. Dans l’univers des caisses d'épargne, la mise en œuvre d’une importante phase de restructuration a permis de réduire le nombre d’institutions de 45 à 11, les plus faibles en payant le prix.
Par ailleurs, la Banque d’Espagne a mis en marche un plan de provisionnement de 50 milliards d’euros sur l’immobilier. Le FMI estime cependant qu'«il sera toutefois difficile pour certaines banques de satisfaire à ces nouvelles exigences et que la perception par le marché d’une montée du risque souverain et bancaire pourrait mettre une pression supplémentaire sur les établissements, en particulier ceux devant faire face à d’importants besoins de financement».
Les banques espagnoles ont participé en masse, derrière leurs consœurs italiennes, aux deux injections de liquidité (LTRO) organisées par la Banque centrale européenne en décembre et en février. Le FMI estime dans ce contexte que la plupart des banques pourraient encaisser des chocs supplémentaires, «bien qu’il reste des poches de vulnérabilité». Dix établissements, dont certains ont reçu un soutien public, sont toutefois appelés à renforcer leurs bilans et à se constituer des matelas de précaution.
En ce qui concerne la question du soutien de l’Etat, qui se fait notamment au travers du Frob, l’institution de Washington considère que «pour éviter des coûts de résolution trop élevés pour l’industrie, en particulier dans un laps de temps réduit, un appui plus important sur le financement public pourrait être nécessaire (...)». Une hypothèse repoussée par certains économistes, ceux du Crédit Agricole avertissant que des recapitalisations par l’Etat «pèseraient sur les équilibres budgétaires».
Dans l’immédiat, le FMI avance que la prochaine étape de la stratégie de réforme devrait passer par le traitement «efficace et exhaustif» des actifs illiquides hérités de la crise et recommande à ce sujet un diagnostic des actifs concernés. Madrid a commencé à plancher sur le sujet, évoquant l’idée de structures de défaisance.
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