Le financement du secteur bancaire danois risque de se compliquer
Les nuages s’amoncellent sur les banques danoises. Plusieurs événements récents présagent un renchérissement du coût de financement du secteur. Le CDS sur la principale banque du pays, Danske Bank, reflète déjà cette inquiétude. Depuis mi-juin, il s’est tendu de 10 points de base (pb) à 126 pb.
Les obligations sécurisées utilisées par les banques locales présentent des spécificités qui inquiètent l’agence de notation Moody’s. Leurs portefeuilles sous-jacents sont de plus en plus souvent composés de prêts immobiliers, non pas à taux fixe mais à taux ajustable, voire payables in fine, c’est-à-dire le type de prêts à l’origine de la crise financière américaine. Ces prêts représentent environ 60% des prêts aux ménages danois.
Afin de répondre à cette critique, la banque Nykredit a annoncé le 21 juin la séparation de ces portefeuilles de prêts des lignes plus classiques. La structure émettrice de covered bonds de Danske Bank, à qui Moody’s demandait un apport de capital de 4,3 milliards d’euros pour conserver sa note AAA, a quant à elle décidé de mettre fin à ses relations avec l’agence de notation. L’alerte donnée par Moody’s n’a pas eu de conséquence sur le marché des covered bonds, S&P ayant confirmé sa note AAA.
Il n’en reste pas moins que le secteur bancaire est exposé à un endettement des ménages très élevé, principalement lié à l’augmentation des prêts immobiliers. Au Danemark, la dette des acteurs privés représente plus de 200 % de leurs revenus disponibles, soulignait Standard & Poor’s dans un rapport fin mai. L’agence de notation prévenait que cet endettement des particuliers pouvait constituer un risque pour la stabilité financière.
Le risque pour les créanciers seniors non sécurisés augmente lui aussi, suite aux défauts de deux banques locales qui se traduisent par des pertes pour les porteurs obligataires seniors. Après Amagerbanken en février, Fjordbank Mors va faire l’objet d’un processus de résolution, le Danemark ayant déjà mis en place ce régime que l’Union européenne pourrait un jour adopter. «Il est regrettable que le secteur (…) n’ait pas été capable de trouver une solution qui aurait pu couvrir les dépôts et les créanciers seniors qui ne sont pas garantis par le fonds de stabilité financière», a déclaré le ministre des finances danois. Dans ce contexte, Fitch a été lundi la dernière agence de notation à attribuer à la note de Danske Bank - A+ pour l’heure - une perspective négative.
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